Les paroles de "vole"

Je t'écris du fond du tombeau
Où j'ai couché ton souvenir
Je t'écris, mais que sont les mots
Quand il est trop tard pour les dire

J'aimais tant la douce habitude
De ne rien promettre à nos coeurs
En mêlant nos deux solitudes
A des faux-semblants de bonheur

Au jeu des amours prisonniers
J'aurais pu miser plus longtemps
Mais que sont les cages dorées
A côté du ciel qui t'attend ?

Alors vole, vole, vole
Prends ton élan
J'veux pas couper tes ailes
Voler ta chance
Alors vole, vole, vole
Tant qu'il est temps
J'te fais la courte échelle...
Ma révérence

C'est cruel et juste à la fois
Qu'ils soient tous les deux l'avenir
Ce temps que tu as devant toi
Celui qu'il me reste à souffrir

Je perdrais même en te gardant
Je te laisse et je perds mon âme
Mais qui sait ce qu'est le tourment
S'il n'est pas vidé de ses larmes

Au mal de t'aimer à demi
Quitte à choisir une souffrance
Je préfère condamner mes nuits
Au mal que me fait ton absence

Alors vole, vole, vole
Prends ton élan
J'veux pas couper tes ailes
Voler ta chance
Alors vole, vole, vole
Tant qu'il est temps
J'te fais la courte échelle...
Ma révérence


Ce qu'ils ont dit...

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Michael Jones : Je l'ai écrite avec mon camarade Frédéric Kocourek que j'ai découvert à Astaffort. J'avais un problème avec la version de
départ très bluesy qui était en trois temps et que je trouvais trop bateau. J'ai donc appelé un copain, Jean-Philippe Hann, qui a effectué
un superbe travail d'arrangement. Il l'a réarrangée en ajoutant une chorale et un orchestre symphonique qui lui donne une vraie dimension.

Du blues pour nous
Tout chanson, janvier 2005

Michael Jones : Jean-Philippe Hann (...) a juste fait l'arrangement du titre "Vole". J'avais composé cette musique, mais ma maquette
ressemblait un petit peu trop à Gary Moore, et donc, j'ai demandé à Jean-Phi – qui est un fou furieux et a des idées géniales dans
lesquelles il faut juste faire le tri – de me faire quelque chose de plus original.

Goldman, le frère que j'ai choisi
Platine n° 119, mars 2005


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Françoise Rauzier : Au moment de préparer la question pour “Vole”, avec Fleur nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas
compris la même chose…

Michael Jones :
C’est très bien.

Françoise Rauzier : Moi je pensais que tu parlais d’un homme qui n’a pas su aimer suffisamment pour s’engager et Fleur pensais que tu
parlais…

Fleur Delorme : … Que tu avais écrit la chanson pour Sarah, pour ta fille.

Michael Jones : Non, ce n’était pas pour ma fille. J’avais écrit une chanson pour elle mais elle n’est pas sur l’album parce que je n’ai pas
terminé à temps. En fait, c’est l’histoire d’un amour impossible mais ce n’est pas forcément parce que l’homme n’aimait pas assez. C’est
l’histoire d’un amour impossible, c'est-à-dire que deux personnes qui s’aimaient très fort - en tout cas c’est ce que j’ai eu comme idée
dans la tête quand j’ai voulu faire cette chanson - c’étaient deux personnes qui s’aimaient très fort. Cela aurait pu être l’amour parfait
sauf que ce n’était pas possible. Pour moi, ce n’était pas possible parce qu’ils habitaient trop loin l’un de l’autre et qu’il était
impossible par rapport à leurs cultures propres, de venir trouver un terrain neutre où ils pouvaient habiter ensemble.

Françoise Rauzier :
C’est la phrase "au jeu des amours prisonniers j’aurais dû miser plus longtemps" qui m’a fait penser au non-engagement,
au mec qui ne s’engage pas.

Michael Jones :
Mais justement je voulais que ce soit ambigu. Je voulais que cette chanson, plusieurs personnes puissent l’adapter. Mon idée
de départ était ça, après ça aurait pu être aussi l’histoire d’une femme qui a une aventure et qui n’ose pas franchir le pas, ç’aurait pu
être plein de choses. Donc je voulais vraiment que ce soit un truc ambigu, mais la base de l’histoire c’est l’histoire d’un amour
impossible.

Françoise Rauzier :
Quelque part toutes les chansons peuvent être ambiguës…

Michael Jones : J’aime bien que ce soit ambigu, j’aime bien l’ambiguïté. C’est quelque chose que j’adore. Surtout dans les textes. J’adore
qu’un texte, même si moi j’ai envie de dire un truc, soit interprété d’une autre façon, par une autre personne, que les autres personnes
puissent s’accaparer ces chansons par rapport à ce qu’ils pensent, eux. Pour moi c’est important.

Rencontre avec Michael Jones
Exclusivité "Michael Jones on the web", 19 mai 2005