Var Matin
Retranscription de Denis Desmarest


Le fidèle guitariste de Jean-Jacques Goldman qui mène parallèlement une carrière solo, intègre l'équipe des professeurs du Château.

Michaël Jones est encore un illustre inconnu. Il s'attable à la Terrasse du Port de Saint-Elme dans le Var, sans susciter la curiosité de la part des estivants. Qu'il en profite. Cheveux courts, pas aussi blancs que son polo et son bermuda, il porte des lunettes rondes et roses rendues célèbres par John Lennon. Les Beatles ont suscité la vocation de ce Baby-boomer, enfant du débarquement : son père, soldat de sa Majesté britannique, a rencontré sa mère en Normandie en juin 1944.

Question d'actualité : "C'est vrai que le débarquement représente quelque chose pour moi", répond-il simplement. Il a participé au grand concert commémoratif du printemps dernier. De son pays de Galles natal, il a conservé un léger accent, beaucoup moins prononcé que celui de Jane Birkin. Avec sa guitare, il a fait son débarquement un vendredi 13, au début des années soixante-dix. C'est un aventurier, n'en porte-t-il pas le nom ?

Jones tombe sur une petite annonce de la presse spécialisée. On recherche un guitariste anglophone pour remplacer, dans le cadre d'une tournée, un certain Jean-Jacques Goldman. Ces deux-là ne se quitteront plus. Aujourd'hui, "Jean-Jacques" est un ami.

Lundi soir sur la plage des Sablettes, à la Seyne-sur-Mer, Michaël Jones a donné son dernier concert de l'été. Moment d'apothéose, il a chanté le tube Je te donne dans sa version bilingue dont il est l'auteur. J'oublierai ton nom, interprété par Johnny Hallyday, c'est lui aussi. Autre question d'actualité, au sujet du contentieux qui oppose l'idole des jeunes à son ex-employeur Universal Music : "Je ne connais pas le fond du problème, mais il me semble que Johnny est arrivé en fin de contrat. Il fait un procès pour récupérer ses droits".

Le piratage sur Internet : un faux problème Michaël Jones n'est pas très tendre avec les maisons de disque qui "pleurent" depuis que le piratage sur Internet est devenu monnaie courante. "C'est un faux problème, les morceaux en téléchargement sont de qualité médiocre : une chanson pèse normalement 30 mégaoctets alors que sur Internet elles ne pèsent plus que 3 Mo. Il ne reste donc plus que 10 % de musique".

A cette démonstration, il ajoute que le pillage a toujours existé. "Avant on copiait la radio sur des cassettes". En fait, "le problème est surtout artistique et commercial : les cd sont trop chers". Pas peur d'être exclu du système ? "De toute façon, il faudra le revoir".

"Je ne jugerai pas les élèves" L'aventurier porte aussi le prénom d'une pop star, et c'est la Star Academy qui fait appel à lui. "La production m'a lancé un défi, j'ai toujours dit que je n'avais rien contre, ce n'est qu'une version améliorée du radio crochet". Mais il avait également déclaré que les élèves apprenaient à "copier" plutôt qu'à "interpréter".

Alors le nouveau "prof d'interprétation" va "mettre [son] grain de sel" dans les rouages d'Endemol/TF1. Goldman aussi l'aurait fait, "si on le lui avait demandé". Seule condition : "Je ne jugerai pas les élèves, on peut toujours se tromper". Il a pourtant son idée sur Michal, Emma et Morgane qui avaient fait ses premières parties avant la Star Ac'. "Ils ont du talent, ils ne sont pas là par hasard". Et "si l'émission peut leur faciliter la tâche, alors pourquoi pas. On verra s'ils existent encore après".

Ce qui est certain, c'est que la médiatisation quotidienne dont il fera l'objet à partir du 3 septembre lui permettra de sortir une nouvelle fois – souvenez vous du trio Fredericks-Goldman-Jones en 1990 – de l'ombre de son ami Goldman. Son prochain album solo paraîtra en octobre.