| Le Gallois et guitariste préféré de Jean-Jacques Goldman est un homme de valeur et le prouve. Flavien Plouzennec : Pourquoi teniez-vous tant à participer à ce concert des Libertés ? Michael Jones : Déjà, j'ai été un authentique Varois puisque j'ai habité à Saint-Maximin pendant plusieurs années. A l'époque, je m'étais senti très concerné par l'élection du FN à Toulon. Dès le début, je m'étais dit : il n'y a pas 51% de racistes à Toulon, c'est impossible ! Il faut tendre les bras à ceux qui ont voté contre mais aussi persuader les autres qu'ils ont fait une erreur. Qu'ils n'ont fait que voter par dépit... C'est la raison pour laquelle je suis venu jouer à Toulon, notamment avec Jean-Jacques mais aussi avec Bryan Adams. Il ne fallait laisser tomber personne. Flavien Plouzennec : Quel message avez-vous vraiment voulu faire passer à Toulon ? Michael Jones : En interprétant plusieurs versions (rap, reggae, traditionnel..) de la chanson "Pas toi" composée avec Jean-Jacques, j'ai essayé de dire : Ecoutez, il n'y a pas de racisme dans la musique, tous les mélanges y sont possibles. Alors pourquoi pas nous ? Flavien Plouzennec : En ce jour de fête nationale, qu'évoque pour vous le terme d'égalité ? Michael Jones : C'est dur de penser que chaque enfant naît avec les mêmes possibilités que les autres, mais qu'à cause de la bêtise des hommes, il perd cet état naturel. C'est l'injustice même. Flavien Plouzennec : Et celui de liberté ? Michael Jones : La vraie liberté, c'est d'être qui l'on veut et de voir qui l'on veut. En ce qui concerne la liberté d'expression, je me méfie quand même de ceux qui ne savent pas tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de parler. Flavien Plouzennec : Et la fraternité ? Michael Jones : Avec Jean-Jacques Goldman, à l'époque on a écrit une chanson pour Joe Cocker, "On my way own" [sic], sur la guerre au Kosovo. Elle dit qu'il suffit qu'au moins une personne décide de tourner la page et tendre enfin la main vers l'autre pour prouver que la paix et la fraternité sont possibles pour tous... C'est le début de la reconstruction. |