| Michael Jones Guitariste de groupe, avant d'être celui de Jean-Jacques Goldman, Michael Jones se rappellera longtemps de l'hiver 1985 / 1986. "Je te donne" l'a en effet propulsé à des sommets inimaginables, dont la principale retombée est l'obtention, en quelques mois, d'un capital affectif conséquent, que la plupart n'obtiennent généralement qu'après plusieurs années… Dans un contexte aussi favorable, Michael Jones se devait de ne pas rester silencieux… "Guitar Man", son deuxième simple, apparaît donc bien avant que "Je te donne" ne finisse sa carrière sur les ondes… Manœuvre habile qui devrait porter ses fruits… Michael Jones est loin d'être un nouveau venu dans le microcosme de la chanson… Il a même, avant de donner la réplique à Jean-Jacques Goldman, roulé sa bosse dans de nombreuses aventures. Tout commence en 1975, lorsqu'en répondant à une petite annonce parue dans un journal de rock il rencontre Taï Phong (quelques mois après leur tube "Sister Jane"). Le groupe recherchait alors quelqu'un pour remplacer, le temps d'une tournée, Jean-Jacques Goldman… Il fait cette tournée, et participe également à la réalisation du deuxième album de Taï Phong. A partir de là, naît entre Jean-Jacques et lui une véritable complicité, alors que, paradoxalement, l'ambiance au sein du groupe se détériore… Sans perdre de vue Jean-Jacques, Michael quitte donc Taï Phong pour un autre groupe, natif de Toulouse, Week-End Millionnaire. Aujourd'hui dissous, ce groupe obtint en 1978 un franc succès avec "Où que tu ailles", mais là encore les trop nombreuses divergences musicales précipitent le départ de Michael… Un peu plus tard, à l'orée des années 80, aidé de deux ex-membres de Week-End Millionnaire, il forme un autre groupe, Gulfstream, mais leur unique single, que produit William Sheller, est un bide… Malgré tout, Michael ne garde pas un mauvais souvenir de ses aventures "groupesques". Avec quelques réserves, il pourrait même récidiver ! "Il n'est pas impossible que je refasse un jour partie d'un groupe, j'aime bien le concept de groupe, à la différence cependant que je choisirai… J'ai trop souvent fait des concessions dans le passé, afin qu'ils conservent un minimum de cohésion. En fait, il faudrait que ce soit moi le leader !" (rires). Longtemps dans l'ombre, Michael Jones accède donc à la notoriété à trente-quatre ans. Loin d'estimer avoir perdu son temps, il considère ses années passées comme un apprentissage salutaire du métier : "Je ne peux pas qualifier ces années de "galères", car j'ai pratiquement toujours réussi à vivre de ma musique. Rien n'est jamais complètement négatif. Enfin, lorsque je regarde les chanteurs qui marchent actuellement, ils ont à peu près mon âge, entre vingt-huit et trente-cinq ans, un peu plus même pour certains… Indissociable aux yeux de public de son ami Jean-Jacques, Michael va devoir prouver maintenant qu'il peut se débrouiller seul, imposer son image. La démarche n'est pas évidente, d'autant plus que son nouveau 45 tours "Guitar Man", efficace et fort bien réalisé, rappelle incontestablement les tubes Goldmaniens… "Je crois qu'il y aura toujours un truc qui fera dire que ce que je fais ressemble un peu à ce que fait Jean-Jacques. Il faut dire que l'on a les mêmes influences, que l'on joue ensemble depuis longtemps, que nos goûts musicaux sont les mêmes… En fait, ce qui va nous démarquer l'un de l'autre, ce sont les différences de culture musicales d'origine, et le fait que nous n'avons pas la même voix". "Can't Explain" ; l'autre face de ce 45 tours, laisse néanmoins penser que le chanteur a lui aussi son univers, qu'un peu plus d'espace lui permettrait assurément d'exploiter… Outre la sortie d'un album, qu'il aimerait bien enregistrer avant la fin de l'année, Michael repart avec Jean-Jacques Goldman sur les routes, pour une tournée marathon, puisqu'elle ne s'achèvera pas avant le mois d'octobre. Le succès de son vieux complice ne l'étonne absolument pas : "Le succès de Jean-Jacques est tout à fait justifié. C'est un des rares chanteurs français à avoir su lier une musique moderne et influencée par le rock (notamment celui des groupes anglo-saxons des années 60-70),avec des textes qui sonnent bien et qui veulent dire quelque chose, même si on les lit sans la musique". Encore émerveillé par ce qui lui arrive, Michael Jones, déjà bien placé dans la course au tube, devrait maintenant s'installer sans trop de problèmes en haut de l'affiche… Seul ! |