| Avant que vous ne lisiez l'interview qui suit, juste quelques précisions sur les circonstances de l'interview… Suite à l'interview de Michael Jones du 26 avril 1998, celui-ci a accepté de nous revoir lors de la tournée d'été, dans les Arènes de Béziers. Nous sommes donc venus à sa rencontre, accueillis dans sa loge à peine plus fraîche que la canicule qui régnait à l'extérieur… La grande simplicité de cet homme hors du commun a fait de cette rencontre un moment de détente et de rigolades, à son image… Un grand merci à Michael Jones et Jacky Mascarel, ainsi qu'à René, Brigitte, Damien et Sandrine. Bonne lecture ! Géraldine Gauthier : Bonsoir Michael Jones Michael Jones : Salut ! Géraldine Gauthier : Nous nous sommes rencontrés à Montpellier lors du concert du 26 avril et, maintenant, nous sommes à Béziers. La tournée est en plein milieu puisque j'ai entendu dire qu'elle se terminait au mois de janvier à Paris, avant d'aller, peut-être, dans les îles… Michael Jones : Elle est au courant de tout, hein ? ! (rires). Géraldine Gauthier : Alors, je voudrais savoir, donc, comment ça se passe ? Comment se passe la tournée ? Fatigué, pas fatigué... ? Est-ce que c'est mieux la moto ou mieux le bus ? Michael Jones : Oh, ça dépend. Là, en été, c'est mieux la moto quand même. Parce que quand on est dans le bus, on ne fait que des itineraires d'autoroute et la, on peut prendre les nationales, visiter un peu en passant. Donc, c'est plus intéressant et on est plus libres en moto. Là, par exemple, donc, comme c'est off demain, ce soir on peut sortir un peu ! Donc, je sais que je vais peut-être… si c'est ouvert, je vais aller au "Direct" ce soir par exemple. Géraldine Gauthier : La moto, c'est un loisir, c'est vraiment une passion, c'est même plus qu'un plaisir de route entre deux salles, quoi. C'est plutôt… en fait, c'est plutôt une sorte de tourisme que vous vous faites en même temps. Mini-vacances - Mini-travail, quoi. Michael Jones : Ouais mais en fait, non. La moto c'est loisir devenu nécessité. C'est-à-dire que dans les villes aujourd'hui, on ne peut pas circuler en voiture parce que c'est bouché de partout et c'est pareil pendant les périodes estivales, il y a beaucoup de bouchons et, bon, quand on est en moto, ça ne nous concerne pas. Pas vraiment. Donc le seul truc auquel il faut faire attention en moto, c'est de bien s'alimenter, faut pas se déshydrater parce qu'on a chaud, quand même, sous le casque. Mais c'est tout. Et… c'est plus sûr, on est plus sûrs d'arriver d'un endroit à l'autre en moto qu'en véhicule, en ce moment. Géraldine Gauthier : Et, au niveau des concerts, alors, je vois qu'ils évoluent…par exemple il n'y a plus "En passant" qu'il y avait au début de la tournée. A "Il suffira d'un signe", j'ai vu, dans les Arènes de Nîmes, il y a deux jours, qu'il y avait un petit supplément spectacle… Michael Jones : Ah oui ! Oui, oui. Depuis Montpellier, oui. Oui, on rajoute… Oui, il y a des petites innovations. Il y a encore une autre innovation que tu n'as pas remarquée, c'est que… la partie arrière de la scène n'est plus la même. Géraldine Gauthier : Oui. Exact. Michael Jones : C'est que, avant, on était sur des tapis roulants et c'était un tout petit peu surélevé et ça n'a jamais très bien marché donc on a changé tout le système. Donc là, on a une scène toute neuve qui n'est plus la même qu'à Montpellier. Bon, il y a une partie qui est encore la même mais toute la partie arrière a été changée. C'était trop lourd d'installation et là, on a un système qui est beaucoup plus simple mais qui marche beaucoup mieux. Géraldine Gauthier : J'ai vu aussi que les écrans se sont écartés… enfin, à Nîmes, notamment, la scène était en longueur. C'était pour une intimité ? C'était plutôt pour quoi ? Le fait que les écrans soient bien élargis, la scène bien élargie ? Michael Jones : Non. C'était… On était dans l'autre sens à Nîmes, initialement pour qu'il y ait plus de gens assis que de gens debout. Voilà. C'était le but du jeu. C'est-à-dire que quand on est dans l'autre sens, il y a beaucoup plus de personnes dans la fosse et il y a moins de places assises. Donc, le but du jeu, c'était ça. Et les différences d'écrans c'est parce que c'est en plein air. Et on ne peut pas monter des écrans en toile avec la rétroprojection comme on a dans les salles à cause du vent. Donc là c'est des murs d'images. C'est pour ça que c'est différent. Géraldine Gauthier : Et c'est Richard qui filme pendant le concert ? Il me semble l'avoir vu… il me semble que c'était lui, non ? Michael Jones : Ah oui ! On le garde. On le garde jusqu'à la fin de la tournée Richard. Oui, oui. C'est notre première partie Richard et il restera. Géraldine Gauthier : Oui, première partie, mais en plus il filme pendant le concert les gros plans et tout. Quand on vous voit chanter en gros plan, c'est lui qui est en bas, non ? Qui bouge avec la caméra en bas de la scène. Michael Jones : Bah on le fait passer pour une star au début du spectacle, faut bien qu'il mérite le reste (rires). Géraldine Gauthier : Et son anniversaire, alors, c'était quand exactement ? Michael Jones : C'est tous les jours ! Géraldine Gauthier : Oui. C'est tous les jours, on avait remarqué, mais… (rires). C'est une idée qui est sortie comme ça, dans les premiers concerts, non ? Je crois… Michael Jones : C'est à la Réunion qu'on cherchait des idées. Au début, on voulait faire un truc de karaoké et on s'est rendu compte que les gens n'accrochaient pas trop, donc, il fallait que ce soit un truc un truc un peu plus facile. Et ça a évolué tout seul… c'est-à-dire qu'on s'est rendu compte que dès que les gens se voyaient à l'image, réagissaient. Donc on a exploité plutôt ça que le côté karaoké. Géraldine Gauthier : Donc l'idée vient de vous, de la première partie ? C'est pas une idée de Richard ? C'est vous, le concours de grimaces, tout ça ? C'est… Michael Jones : Alors, je ne sais pas de qui vient l'idée d'origine. en tout cas, c'est Jean-Jacques qui l'a adopté mais honnêtement, je ne me rappelle plus qui a eu l'idée au depart. C'est peut-être Jean-Jacques lui-même. Géraldine Gauthier : Après, pendant le concert, on aperçoit, à "Je te donne", des photos assez sympathiques (rires). Michael Jones : Ce sont des vraies. Géraldine Gauthier : Oui. Michael Jones : Oui. Brigitte : On vous a déjà posé la question ? Michael Jones : Non. Ah, je sais pas. Je ne m'en rappelle plus. Géraldine Gauthier : Sauf les dernières. Michael Jones : Non, toutes les pho… Ah ! Toutes les photos sont vraies. (rires). Là, c'est du vidéo après. A la fin, non, c'est pas nous. Non. Géraldine Gauthier : Vaut mieux pas. Michael Jones : Voilà. Mais jusqu'à… jusqu'aux… jusqu'aux squelettes, c'est nous. Voilà. Géraldine Gauthier : Avec le maquillage. Et comment est venue l'idée ? Comment les photos se sont cherchées ? Ça a dû être des parties de rigolades considérables ça, non ? Michael Jones : C'était pendant les répets, Jean-Jacques a eu l'idée de faire ce truc avec les photos de toute l'histoire de la chanson et les squelettes c'est Claude. C'est Claude Le Péron qui a eu l'idée de "Ouais, ça serait bien de finir en squelettes", voilà. Donc…quand on nous voit vieillir… On en parlait pendant les répets quoi. C'est venu comme ça. C'est très souvent collégial. Les idées de départ sont souvent de Jean-Jacques. Et lui, il donne une idée de départ et après ça fuse de tous les côtés. On fait vraiment du brainstorming comme il dit, dans le spectacle. Géraldine Gauthier : Et Jacky Mascarel qui prend une place assez importante dans le chant, dans le spectacle, qui se démarque. C'était lui, pareil, qui est venu spontanément, qui s'est imposé naturellement, ou… c'était une idée, pareil, de base qu'il a fallu qu'il travaille pour ça ou… ? Michael Jones : Euh… C'est mon idée. Géraldine Gauthier : C'est ton idée ? Michael Jones : Ouais. Il voulait pas. Quand on est partis sur les versions de "Pas toi", au début on était partis pour faire la version d'origine, la version Fredericks-Goldman-Jones et la version de Mel Groove et on était tellement mauvais dans la version de Mel Groove qu'il fallait qu'on trouve autre chose. Bah ouais, c'est des filles qui chantent dans un autre ton et c'est pas notre truc, quoi. Donc on faisait pas bien et on a laissé tomber parce que c'est… Ils auraient pu croire qu'on se foutait d'eux, quoi. Et c'est pas le cas. C'était pas le but recherché. Donc… on a commencé à chercher un tas de styles différents. Et, bizarrement, pratiquement toutes les idées qui ont été retenues c'étaient les miennes. Et Jacky m'en voulait à mort parce qu'il ne voulait plus faire "Le chevalier blanc". Quand il chante comme ça, on l'appelle "Le chevalier blanc". Et il se trouve que c'est génial quoi. Donc, il a fait ça tellement bien. Ça nous faisait tellement marrer de faire tout ça comme ça… Mais, bon, on en a éliminé beaucoup de versions. Il y en avait d'autres… Géraldine Gauthier : C'est dommage ! Michael Jones : Nan, mais fallait vraiment… Faut pas que… Faut pas non plus que ça devienne rébarbatif. Il y a des trucs tellement faciles ! Et ça aurait pas été bien. On a vraiment gardé ce qu'il y avait de plus drôle et de plus efficace. Géraldine Gauthier : Voir le public rigoler ça doit être fabuleux, non ? Michael Jones : Bah nous on savait que ça allait faire rire le public parce que nous, on pissait de rire pendant les répets. Donc… La, on savait que ça allait marcher. Brigitte : Vous êtes très très attentifs aux réactions du public… Michael Jones : Bah le public c'est 50%, peut-être même plus, 70% du spectacle pour nous. Sinon on se contenterait de monter sur scene et de jouer de la musique. Mais, à ce moment-la, il n'y a pas de communication, il n'y a d'échange. Pour nous, l'essentiel c'est qu'il y ait un échange. Donc on est très très attentifs aux réactions du public. C'est pour ça, par exemple, qu'il n'y a plus "En passant". Parce que c'est une chanson qui, pour les gens, signifiait que c'était la fin du concert. C'est un petit peu "Puisque tu pars". et donc, ils avaient pas très envie de nous rappeler après. C'était une chanson qui tuait le concert. Il y en a une autre qui est très difficile, c'est "Natacha". Et donc, il a fallu créer un événement pour suivre "Natacha", c'est pour ça qu'il y a la super intro de batterie avec tous les mouvements et avec un tube énorme derrière, donc c'est pour ça qu'il y a "A nos actes manqués". Mais bon, avant de trouver l'ordre définitif on en a fait des versions, hein ! Brigitte : Qui prend la décision… Déjà, qui arrive à palper qu'il y a telle ou telle réaction et qu'il faut enlever telle ou telle chanson ou la déplacer… ? Michael Jones : C'est toujours collégial. C'est surtout Robert [Goldman] et Jean-Jacques. Il y a des discussions mais Jean-Jacques demande à tout le monde. Parce que nous, sur scène, parfois, on pense que le public n'est pas très attentif à un moment ou un autre et parfois, c'est parce que le son n'est pas comme d'habitude et nous on n'entend pas les gens. Il y a plein de paramètres qui rentrent en jeu. On est obligés de demander aux gens qui nous entourent, en qui on a confiance. Donc on demande à tout le monde : les gars de la sécu, les gens de la sono, tout le monde. Donc il y a Andy, Fred, Robert, voilà. Tous ces gens-là, on demande leur opinion. Mais on s'en rend compte quand même. Donc il y a, tous les soirs quand on mange ensemble après le concert, il y a des discussions pendant très très longtemps. On était pas sûrs. Brigitte : Et là, ça y est, vous êtes arrivés vraiment à quelque chose… Vous pensez que ça va être encore modifié ou vous avez déjà tout cerné au niveau des réactions ? Michael Jones : Non, non. Là, ça roule. Ouais. Maintenant, là ça marche. On peut toujours… C'est toujours perfectible. Ça, mais bon… Là, on a trouvé… C'est un compromis de toute façon, lors de chansons. C'est forcément un compromis. Et je crois qu'on a trouvé le meilleur compromis. Damien : Est-ce que vous allez participer au concert de Johnny Hallyday, au Stade de France ? Michael Jones : Moi non. Jean-Jacques, oui. Moi non. Géraldine Gauthier : Pas envie ? Une bonne guitare, ça ferait du bien. Michael Jones : Oui mais il y a ce qu'il faut. Nan, c'est pas ça, c'est… J'y suis pas allé la première fois donc… Je pense pas qu'ils avaient vraiment envie de m'inviter la deuxième. Parce que la première fois, on m'avait demandé d'y aller, au Parc des Princes. Je pense pas que je suis vraiment à ma place. J'ai un disque à faire pour la rentrée donc, je ferais mieux de faire ça. Géraldine Gauthier : Je voudrais revenir sur "En passant" parce qu'il y en a beaucoup qui m'ont demandé "Pourquoi ça y est plus ? Pourquoi ça y est plus ?" Alors, maintenant qu'on sait pourquoi, est-ce qu'il y a pas une chance du tout de la ravoir une fois a un seul concert ? C'est foutu, maintenant… ? Michael Jones : Aucune chance ! Peut-être en balance. Géraldine Gauthier : Peut-être en balance ? Michael Jones : Ouais, c'est ce que Jean-Jacques me disait hier, il me dit : "Ce qui serait marrant c'est de faire "En passant" pour la balance et pas le faire le soir. Comme ça les gens qui seront dehors auront entendu quand même." (rires). Brigitte : Mais ça doit être très dur quand même de sacrifier une chanson. Surtout si elle a été, dès le départ, mise vraiment dans le spectacle… Michael Jones : C'est le titre de l'album. Brigitte : Ouais, voilà c'est… Michael Jones : Ouais mais, en fait, elle s'est sacrifiée d'elle-même. C'est la chanson qui… Elle n'allait pas… Elle n'allait pas ! Voilà. On pouvait pas la mettre ailleurs. Et, on a essayé de la mettre partout. Ça ne marchait pas. Et donc, on l'a enlevé et tout d'un coup ça a marché mieux. Voilà. Elle n'a plus aucune chance d'être dans le spectacle. Voilà. Géraldine Gauthier : Dommage… Oui ! D'ailleurs, complicité avec le public, c'est pour ça aussi que vous, enfin, toi et Jean-Jacques vous marchez devant la scène, bien. Vous regardez bien le public et vous êtes bien attentifs aux premiers rangs du public. Michael Jones : Bah on regarde bien le public parce qu'on voit pas nos pieds (rires). Non, je déconne ! Mais c'est un peu vrai, c'est-à-dire on voit le public comme ça, donc je me fais la distance entre le public et la scène parce que je ne vois rien ! Parce qu'on a les poursuites dans la tête et je ne vois pas mes pieds. Et on est dans une espèce de petite rigole, comme ça, donc faut faire très attention. Il y a quelques mouvements sur scène qui sont… Faut faire attention. Comme quand on arrive pour "A nos actes manqués", il y a un trou de deux mètres sur la gauche. Bon… quelques petits trucs comme ça mais… Si ! Faut aller vers le public. On est déjà assez loin comme ça, sur cette scène-là, donc… C'est important. Par exemple, on va souvent vers la droite parce que… sur tout le début du spectacle, ils doivent pas voir beaucoup Jean-Jacques parce qu'il y a moi qui bouche la vue. Donc, faut y aller un petit peu quand même… Brigitte : Mais je suis sûre qu'il y en a qui sont contents de vous voir aussi. Michael Jones : J'espère ! Je sais pas. J'espère ! Brigitte : Bah oui ! Géraldine Gauthier : Si ! Michael Jones : Tant mieux. (rires). Géraldine Gauthier : Les hurlements de jeunes filles en fleur qui hurlent à s'égosiller, ça vous fait quoi ? Ça vous fait un effet toujours le même ou c'est… ? Michael Jones : Ça dépend quand est-ce qu'elles hurlent. Quand c'est dans une chanson comme "Natacha", c'est énervant, voilà. Brigitte et Géraldine : Ah ouais ! Ça, ouais ! Michael Jones : Voilà. Ça dépend. Il y a des moments où… Nous on aime bien un public qui est disponible quand il faut et attentif quand il faut donc… Les cris plutôt hystériques, non, c'est plutôt énervant qu'autre chose. Ouais. Géraldine Gauthier : Et, par contre, de voir le public qui s'élargit encore plus et les dates qui sont complètes des mois avant. Déjà, pour le mois de décembre, à Montpellier, les places commencent à être complètes, quoi. C'est dû à quoi ? Michael Jones : On a cherché à analyser. Jean-Jacques, je crois, a trouvé la raison. En fait, c'est pas que le public s'élargit, c'est qu'il se rajeunit. Et c'est ça qui est étonnant. C'est-à-dire que le public qu'on a toujours eu est resté. Le public suivant qui est donc… vous, est resté aussi et on a des… des seize - dix-sept - dix-huit ans. Peut-être à cause de "Je te donne" amis aussi, peut-être, parce que Jean-Jacques passe toujours dans les radios jeunes. Géraldine Gauthier : Un autre registre… Il y a deux ou trois jours, j'ai vu sur M6 un clip qui prend en duo, si on peut appeler ça un duo, les Poetic Lovers et Carole Fredericks. Michael Jones : Ah d'accord ! Ouais ! Géraldine Gauthier : Et, donc, c'est écrit par Goldman et Veneruso et tu avais parlé, lors de l'interview à Montpellier, que tu étais peut-être en train d'écrire un truc pour Carole, alors qu'est-ce qu'il en est ? Où en est le projet ? Michael Jones : Je suis toujours en train de préparer. (rires). Géraldine Gauthier : Et l'album ne va pas être sorti avant que tu sois prêt ? Michael Jones : Non mais là, l'album de Carole c'est pour la fin de l'année donc, ça va. J'ai le temps, encore. Elle m'a laissé un message… en anglais, c'était "Michael, je veux ma chanson, je veux ma chanson, je veux ma chanson, je veux ma chanson, je veux ma chanson, je veux ma chanson…" (rires). C'était le message de Carole. Géraldine Gauthier : Et tu as de l'inspiration ou c'est parce que tu n'as pas le temps… ? Michael Jones : Si, j'ai la chanson ! C'est juste pas fini… J'ai un problème sur l'arrangement, mais je crois avoir trouvé la solution. Mais… J'ai pas pu retravailler chez moi parce que j'ai piqué du matériel dans mon studio pour dépanner Jacky et le matériel était resté à Paris donc… J'en rachète d'autre. Maintenant je vais essayer de m'y remettre en rentrant. Géraldine Gauthier : Et c'est une chanson, sans indiscrétion : français, anglais ? Michael Jones : Ah, ça sera en français. Géraldine Gauthier : Français ? Michael Jones : Oui. Géraldine Gauthier : Tu arrives à composer en français aussi facilement qu'en anglais ? Michael Jones : Ah mais moi je ne fais que la musique. Le texte, ça sera quelqu'un d'autre. Géraldine Gauthier : Et pour ton album, ton prochain album, donc, que tu prévois pour la rentrée 99. Tu penses faire quoi, alors ? Que la musique… ? Michael Jones : Ah non ! C'est pas un album ! Géraldine Gauthier : C'est pas un album ? Michael Jones : Non, non, je prévois un single. Géraldine Gauthier : C'est tout ? ! Michael Jones : Ouais, ouais ; Pas le temps de préparer un album pour la rentrée quatre-vingt… Non, non ! Pour la rentrée 98. Géraldine Gauthier : 98 ? ! Michael Jones : Oui, oui. Là, pour le mois de septembre, j'ai un single. J'ai la chanson. C'est pareil, je bute un peu sur l'arrangement mais ça va venir. Géraldine Gauthier : D'accord. et en français, anglais, alors ? Michael Jones : En français. Géraldine Gauthier : Français aussi ? Michael Jones : Ouais. Avec un texte d'enfer. Géraldine Gauthier : C'est toi qui l'a fait ? Michael Jones : J'ai écrit avec celui qui me fait pratiquement toutes mes paroles maintenant : Frédéric Kocourek. Géraldine Gauthier : Oui, oui. Michael Jones : Je lui ai donné le sujet, je lui ai donné exactement ce que je voulais qu'il dise et il l'a dit ! De très belle manière. Ah oui, c'est une très belle chanson à faire pleurer les jeunes filles. Géraldine Gauthier : Ooooh ! (rires). Brigitte : Une chanson douce…, un petit peu comme… ? Michael Jones : Une chanson extrêmement triste. Géraldine Gauthier : En exclusivité, on peut avoir le titre ? Michael Jones : "Vole". Géraldine Gauthier : Oh ! On connaît déjà le titre. Il a déjà été employé sous un autre angle, je pense… Michael Jones : Mais la c'est "Vole", s'envoler. Voilà. Géraldine Gauthier : D'accord. Merci. Donc tu auras une tournée après, suite à ça, ou c'est juste un single en faisant patienter pour ton album ? Michael Jones : Je suis encore en tournée avec Jean-Jacques jusqu'au milieu de l'année prochaine, donc… Parce qu'il y a la tournée française qui se termine fin janvier et après on part à l'étranger pendant au moins… deux mois ! Géraldine Gauthier : Vous avez des dates, déjà ? Michael Jones : On sait qu'on va être pris jusqu'à fin mai, grosso modo, quoi. Géraldine Gauthier : Ça fait une grosse tournée, ça. Michael Jones : Ouais ! Géraldine Gauthier : Vous allez avoir du mal à vous en remettre ? … Non ! (rires). Michael Jones : Non. Ça va être… C'est une tournée sympa. Géraldine Gauthier : Jean-Jacques Goldman me disait, à Montpellier, dans l'interview, que les tournées se préparaient d'une tournée pour la… enfin… à une tournée, on préparait celle qui allait suivre, après. Alors les idées commencent à fuser, déjà, pour la prochaine tournée, ou… ? Michael Jones : Pas encore. Bon, quelques unes, oui. Bon, on voit quelques trucs, mais… Non, pas encore. C'est plutôt vers la fin. Faut déjà… Là, celle-là est trop fraîche, encore. Géraldine Gauthier : Pas encore assez épuisés… Michael Jones : Bah c'est-à-dire que jusque là, en fait, on cherchait à perfectionner celle-ci. La, ça y est, je crois qu'on l'a maintenant. La scène, elle marche maintenant. Il n'y a que mon matériel qui ne marche pas maintenant mais ça, ça sera réparé demain. Bah là, chaleur et poussière, ça a déglingué pas mal de matériel. Nous aussi un peu, mais bon… je comprends pourquoi les taureaux, ils tiennent pas le coup là, dans ces arènes (rires). Géraldine Gauthier : Faut faire la fête aussi après. Faut décompresser, non ? Michael Jones : Bah en général on fait pas, non, on fait pas… bah ce soir, peut-être, parce qu'on joue pas demain. Géraldine Gauthier : D'accord. Et la tournée d'été, elle se poursuit jusqu'à quand ? Fin août ? Michael Jones : Non, non, non. Le treize. Géraldine Gauthier : Le treize ? Michael Jones : Dernier concert le treize à Bayonne. Géraldine Gauthier : D'accord. Michael Jones : Il n'en reste plus que trois. Ce soir, après-demain et vendredi, c'est fini. Géraldine Gauthier : Et après, c'est congés ? Michael Jones : Après, il faut que je finisse mes chansons : celle de Carole et la mienne. Voilà. Donc, boulot. Boulot sérieux. Géraldine Gauthier : D'accord. Et tu préfères la vie studio-composer ou la vie sorties-concert… ? Michael Jones : La vie de tournée, c'est plus facile ! Géraldine Gauthier : Tu te laisses bercer par le… Michael Jones : On n'a pas trop à se creuser la tête en tournée. C'est pas métro-boulot-dodo, mais c'est un peu la même chose, c'est bus-hôtel-boulot, quoi. Bus-boulot-hôtel. Voilà. Géraldine Gauthier : On n'a pas envie, à un moment, de retrouver sa famille et de se reposer tranquillement chez soi… ? Michael Jones : Vous savez… Les femmes, elles ont un neurone de plus que les hommes. C'est le neurone "casse-bonbons" (rires). Donc, ça fait du bien de temps en temps (rires). Géraldine Gauthier : Merci, c'est gentil ! (rires) Michael Jones : Je prends un temoin (Note de Géraldine Gauthier : Damien) : C'est vrai ou non ? Damien : Je ne me prononcerai pas (rires). Michael Jones : Il a peur ! Il a peur de dire la vérité ! Mais c'est parce qu'il est jeune. Mais il verra bien (rires). Moi j'ai que des femmes dans ma famille alors c'est terriblement terrible. Géraldine Gauthier : Terrible ? Michael Jones : Ouais, j'ai pas réussi à faire un garçon donc j'ai personne pour me soutenir. J'ai même pas de chien ! (rires) Géraldine Gauthier : Je te remercie beaucoup de cette interview et puis rendez-vous ce soir, sur scène, pour encore des moments magiques. Michael Jones : J'espère ! Géraldine Gauthier : Bah évidemment ! Pour des grands moments encore. Merci. Michael Jones : Pas de quoi ! |