Platine 119
Retranscription d'Antoine Bonnaud, Virginie Migné, Patrick Millet,


Après sa présence comme prof au sein de la Star Ac 4, Michaël Jones en a profité pour revenir avec un nouvel album solo, le troisième en 20 ans. "Prises et reprises" lui permet de concilier sa passion du blues et son amour pour la chanson mélodique, et même de chanter en duo avec Francis Cabrel et bien sûr Jean-Jacques Goldman, "Le frère qu'il a choisi"...

Jean-Pierre Pasqualini : Trois albums solos en vingt ans, c'est peu ?

Michaël Jones : En fait, c'est le quatrième album, si on compte "1983- 1993", un cd de 8 titres qui était sorti en 1993 et qui reprenait des titres de mon premier album de 1987, "Mike Jones and the Swinglers" [sic], entièrement en anglais. Comme ce dernier n'était sorti qu'en vinyle, on avait rajouté aux quatre meilleurs titres, le titre du single "Guitar Man" de 1985 et trois inédits de 1993 : "Promises", "Hey mister", et "The voice" que j'avais fait avec Gildas Arzel.


Jean-Pierre Pasqualini : D'ailleurs le cd s'appelait "1983-1993" mais ne comptait pourtant aucun titre d'avant 1985, même pas le titre du premier single, "Viens", justement de 1983 [sic]... Il n'appartenait pas à la même maison de disques ?

Michaël Jones : Si, si, tout était à CBS devenu Sony. Je ne sais pas pourquoi ils ne l'ont pas mis sur ce cd.


Jean-Pierre Pasqualini : Après ces premières expériences, vous publiez un autre album en 1997, "12% blues", que vous co-réalisez avec Christophe Deschamps. Pour "Prises et reprises", le suivant, vous avez changé de partenaire réalisateur...

Michaël Jones : Oui, j'ai fait ce dernier album avec Patrice Lasartigues, qui travaille avec moi – comme preneur de son de scène – depuis le milieu des années 90. Patrice a d'ailleurs surtout été le preneur de son de cet album, car j'ai réalisé presque tous les titres seul. Quant à Jean-Philippe Hann, il a juste fait l'arrangement du titre "Vole". J'avais composé cette musique, mais ma maquette ressemblait un petit peu trop à Gary Moore, et donc, j'ai demandé à Jean-Phi – qui est un fou furieux et a des idées géniales dans lesquelles il faut juste faire le tri – de me faire quelque chose de plus original. En plus, il a écrit la musique de "J'aime les autres" qu'il a aussi arrangée. Sans oublier qu'il a joué de la guitare sur "Dans la fumée".


Jean-Pierre Pasqualini : Le dernier album était à "12% blues", quel est le niveau de blues de celui-là ?

Michaël Jones : Plus important, je crois. Déjà, parce que j'ai repris un traditionnel de blues, ensuite "Un dernier blues pour toi" – que Jacques Veneruso a signé paroles et musique – est un pur blues, tout comme le "Petit blues peinard" que Jean-Jacques nous a écrit...


Jean-Pierre Pasqualini : Mais l'autre chanson que Goldman a signée, "Le frère que j'ai choisi", l'est beaucoup moins ?

Michaël Jones : C'est vrai, c'est plus proche de la chanson. Mais avec trois chansons 100% blues, l'album est déjà plus blues que le précédent où il n'y en avait qu'une, "Va t'en".


Jean-Pierre Pasqualini : Que ce soit encore plus blues, était-ce prévu ou cela s'est-il fait par hasard ?

Michaël Jones : Un peu les deux. J'avais préparé une vingtaine de chansons pour cet album et, au fur et à mesure, il y en a qui se sont auto-éliminées, et quand je suis arrivé à douze, j'ai remarqué que j'avais gardé celles qui étaient blues. Comme, entre le dernier album et celui-ci, j'ai enregistré les deux albums d' "Autour du blues", je me suis dit que c'était le moment de me démarquer et de m'afficher clairement blues, tout en restant dans la chanson française. Si je ne le fais pas à mon âge, quand le ferai-je ?


Jean-Pierre Pasqualini : Peu importe donc, si le public français est réceptif au blues ou pas ?

Michaël Jones : Le public français est réceptif, car chaque fois que je vais jouer quelque part, ça marche bien.


Jean-Pierre Pasqualini : Pourtant, aucun des chanteurs de blues qui travaille en France ne vend beaucoup de disques, que ce soit Bill Deraime, Patrick Verbecke...

Michaël Jones : Oui mais là on parle de personnes sans concession. En plus, Bill Deraime a eu une période où ça marchait très fort, avec notamment "Babylone tu déconnes". Si cela n'a pas continué à marcher pour lui, est-ce que le public l'a abandonné ou est-ce que c'est lui qui a décidé de se retirer ? On sait pas.


Jean-Pierre Pasqualini : Comment avez-vous trouvé l'accueil de l'album : n°89 au top à la sortie ? Puis 101, 86, 117, 119 (et, après l'interview, 197)...

Michaël Jones : Je ne suis pas surpris, mais je m'y attendais. En revanche, je m'attendais à de moins bonnes critiques dans la presse, et là j'ai été agréablement surpris. Malheureusement, avoir de superbes critiques comme j'en ai eues, ce n'est pas bon signe.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous pensez donc que quand les journalistes aiment, le public ne va pas aimer ?

Michaël Jones : Souvent. Donc, ça c'est un peu inquiétant, mais pour le moment, ça marche bien... Sauf que je trouve l'album un peu cher.


Jean-Pierre Pasqualini : Et les radios ? Comment trouvez-vous l'accueil du premier single, "Le frère que j'ai choisi" ?

Michaël Jones : Ça va, ça continue à progresser. Il faudrait juste qu'une radio à grande diffusion le prenne. Après ça, ça sera bon. J'attends une réponse de RTL 2.


Jean-Pierre Pasqualini : Est-ce que le single était évident pour vous ou avez-vous hésité car il ne donnait pas une idée blues de l'album ?

Michaël Jones : Non, le single était évident pour moi et même ma maison de disques.


Jean-Pierre Pasqualini : Il paraît que vous avez refusé de le faire en duo avec Jean-Jacques Goldman ?

Michaël Jones : Déjà, avant que je ne donne mon avis, je savais que Jean-Jacques ne voulait pas, même si le texte s'y prêtait. On aurait pu faire un deuxième "Je te donne", cependant, pour les médias, cela aurait été le nouveau titre de Goldman. Et Jean-Jacques ne voulait pas prendre ce risque.


Jean-Pierre Pasqualini : Pour ne pas nuire à votre carrière ou ne pas gêner la sienne ?

Michaël Jones : Pour ne pas gêner la sienne : Jean-Jacques ne veut plus faire de disques... pour l'instant. Il a décidé de mettre sa carrière solo en stand-by et ne n'écrire plus que pour les autres. Il n'avait donc pas envie de faire de la promo.


Jean-Pierre Pasqualini : Ce n'est pas parce qu'il avait peur de vous faire de l'ombre, comme à l'époque du trio 1990 à 1995 ?

Michaël Jones : Il y a ça aussi... C'est vrai qu'à l'époque du trio, quand il y avait une interview, les journalistes ne posaient que des questions à Jean-Jacques. Carole et moi, on s'endormait.


Jean-Pierre Pasqualini : Donc, si vous êtes d'accord avec Goldman, il n'y a aucune chance que votre duo avec lui, "Petit blues peinard", soit non plus un single ?

Michaël Jones : Non. Je suis d'accord avec Jean-Jacques, car si on disait que c'est son dernier single, ça n'apporterait rien à mon album. C'est pareil pour le duo avec Francis Cabrel, "Des nuits trop longues", il ne sera pas non plus un single, d'abord parce que ce n'est pas un titre radiophonique.


Jean-Pierre Pasqualini : Ne l'avez-vous pas fait en version originale, en anglais dans "Autour du blues" ?

Michaël Jones : Si, si... L'histoire est drôle, car Francis m'avait dit qu'il aimerait bien la chanter avec moi celle-là. Je lui ai répondu : "Ok, alors fais-moi un texte en français...". Un mois après, il m'a rappelé en me disant qu'il ne trouvait pas. Il faut dire que Francis veut toujours rester fidèle à l'idée et au texte d'origine. Là ce n'était pas possible car le texte d'"Hesitation Blues", c'est n'importe quoi... J'ai donc demandé à Fred Kocourek qui a fait cette adaptation. Je l'ai proposée à Francis qui m'a dit : "Génial, on la fait !". Et quand je suis allé chez lui, Francis m'a proposé une autre adaptation, celle de "Marcher dans Memphis", que lui-même ne pouvait pas, d'après lui, mettre sur son album.


Jean-Pierre Pasqualini : Comment êtes-vous devenu proche de Cabrel ?

Michaël Jones : On a sympathisé sur les plateaux de télé à l'époque de "Je te donne" vers 1985, car on était dans la même maison de disques. Ensuite, au moment de la Tournée des Campagnes avec Jean-Jacques, on a chanté à Astaffort, à l'occasion de la deuxième session, je crois, des Rencontres d'Astaffort. Francis nous a fait visiter l'école, présenté les stagiaires, et j'ai trouvé ça très bien. Après le concert, nous sommes allés dîner avec Francis. Comme il savait que j'animais déjà des master-classes, il m'a demandé si ça m'intéressait de venir animer des stages là. J'ai répondu oui. Depuis, j'y vais une fois par an. La dernière fois, j'y suis allé avec Jacques Veneruso, j'avais auparavant emmené Gildas Arzel... Jean-Jacques y est aussi retourné, Voulzy y est allé, Souchon également... Quand je vois que les stagiaires peuvent parler avec des professionnels, je trouve ça super, j'aurais rêvé d'avoir ça quand j'étais môme... Et il ne faut pas se leurrer, ce qui est important, ce n'est pas la technique d'écriture qu'on va leur enseigner, encore moins la technique d'interprétation, c'est le simple fait de parler avec eux et d'écouter ce qu'ils font. L'idée de Francis était que souvent le travail de jeunes créateurs n'est pas abouti et qu'il faut les aider à finir leurs chansons. C'est ce qu'on fait : en trois jours, on arrive à finaliser 40 chansons... Car, quand on trouve une chanson sans intérêt, on leur dit de passer à autre chose et de laisser tomber, et ils nous écoutent.


Jean-Pierre Pasqualini : Astaffort c'est donc l'inverse de la Star Ac, où il n'y a que des cours d'interprète ?

Michaël Jones : C'est un peu vrai, mais maintenant on a rajouté l'écriture pour cette quatrième session et les élèves ont écrit deux chansons, une sur les profs, et une sur l'histoire de la Star Ac...


Jean-Pierre Pasqualini : Patrick Bruel disait qu'il avait proposé que les élèves chantent des chansons originales écrites par eux lors du prime-time au lieu de ne faire que des reprises...

Michaël Jones : J'en ai parlé comme toi avec Patrick et je trouve ça très bien, même si on ne peut pas faire toute l'émission avec des chansons inconnues... Le problème c'est que ça prend beaucoup de temps. Le public ne le sait pas mais à la Star Ac, les élèves n'ont pas beaucoup d'heures de cours. La plupart du temps, ils font de la promo, des interviews, des photos, du sport, ils enregistrent des albums de reprises... Il faudrait que les mômes fassent plus de musique. Le public est prêt pour ça. Je crois qu'on les a assez vus s'engueuler dans la cuisine ou se laver les dents... La télé réalité doit tourner la page du Loft.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous dites que si vous replongiez pour la Star Ac 5, ce serait uniquement si vous aviez plus de responsabilité dans les disques de reprises de la Star Ac, car vous trouvez qu'il n'y a aucune réalisation artistique...

Michaël Jones : Il n'y en a aucune. Il n'y a d'ailleurs rien. Ils ne préparent pas l'interprétation des chansons en amont et les enregistrent en une demi-heure. Il y a juste un peu de travail fait par Marc Beacco au niveau des arrangements... Et encore, tout est fait dans l'urgence, les disques comme les prime-times... La production sait sûrement à l'avance ce qui va se passer, notamment au niveau des disques, mais nous on est toujours au courant au dernier moment. C'est en préparant les chansons de leurs albums pour les primes que j'ai découvert qu'il y avait de nombreuses lacunes, les élèves les chantent sans se les être appropriées, sans les vivre. On a fait vulgairement des compiles de reprises, comme les faisaient certains orchestres de bals dans le temps... Je trouve ça dommage, surtout pour certaines belles chansons.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous leur avez dit ?

Michaël Jones : Oui, mais ils ne m'ont pas cru. Ils m'ont répondu que ça faisait des années qu'ils faisaient ça comme ça et que ça marchait très bien. Le problème, c'est que leur métier, ce n'est pas la musique, ce sont des producteurs de télé... Ce qui compte c'est l'audimat et donc l'efficacité devant les caméras. Ils ont cependant, grâce à Mathieu Gonet et moi, accepté de supprimer les bandes play- backs pourries qui étaient utilisées depuis le début. Maintenant, les nominés chantent avec l'orchestre en live. C'est pour ça que j'ai accepté de participer à la saison 4. Pour la saison 5, je ne sais pas car, pour l'instant, on ne m'a rien proposé.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous avez déclaré que Manu Katché n'avait pas perdu sa crédibilité dans la télé réalité. Pour vous, le live peut sauver la vôtre ?

Michaël Jones : Non, pas forcément, mais le live évite le fait de faire une pale et banale copie. C'est vrai aussi que ce n'est pas toujours possible car les invités connus veulent souvent utiliser leurs play-backs, surtout quand c'est leur titre en promo qu'ils acceptent de faire en duo.


Jean-Pierre Pasqualini : Allez-vous travailler sur la tournée de la Star Ac 4 ?

Michaël Jones : Non, ça c'est l'affaire de Mathieu Gonet. Il est directeur musical et travaille déjà sur les arrangements de scène... Moi, j'irai donner un coup de main pour les répétitions à Divonne-les- Bains, mais Mathieu n'a pas vraiment besoin de moi, car il est très doué et en plus, pour la scène, on lui donne le temps de travailler.


Jean-Pierre Pasqualini : Pensez-vous que Grégory ait plus de talent que Jenifer, Nolwenn Leroy ou Elodie Frégé ?

Michaël Jones : Pour moi, Greg a un truc en plus. Je pense qu'il vient de sa maladie. Elle est autant un avantage qu'un handicap. Ce mec, dans la rue, on ne le remarque même pas, dès qu'il est dans la lumière, il est éblouissant.


Jean-Pierre Pasqualini : Pensez-vous avoir le flair ?

Michaël Jones : Oui, j'ai un super "poil-omètre", y compris pour les chansons.


Jean-Pierre Pasqualini : Revenons aux autres chansons de votre album. "Il croyait", que vous avez composée, a été critiquée dans la presse...

Michaël Jones : Dans "Voici", oui.


Jean-Pierre Pasqualini : Ne trouvez-vous pas que c'est un plagiat de "Travailler c'est trop dur" de Zachary Richard ?

Michaël Jones : Je me suis posé longtemps la question, mais je me suis dit aussi qu'il y avait 50 chansons cajuns folkloriques qui se ressemblaient déjà entre elles... Si on ne considère que la musique, cette chanson est peut-être un plagiat, mais une chanson ce n'est pas seulement une musique : c'est aussi un texte. Et là, les paroles n'ont rien à voir. D'ailleurs, l'idée du texte est de moi et j'ai écrit les paroles du refrain. Fred Kocourek a lui écrit les paroles des couplets, mais il a signé le texte seul. C'est une convention qu'on a tous les deux.


Jean-Pierre Pasqualini : Parlons de Kocourek, il est devenu votre auteur n°1, signant ici 5 textes sur 12, après en avoir écrit 4 sur 11 dans le précédent album...

Michaël Jones : Il y a deux raisons à cela. Justement, je l'ai découvert à Astaffort. C'est d'ailleurs de là que sont sortis trois de ses textes du précédent album : "Sans rancune", "Va-t'en" et "L'Irlandaise", même s'il a réécrit les deux derniers ensuite pour qu'ils collent mieux à ce que je voulais chanter. Dans mon nouvel album, Fred a continué à en écrire car, comme il habite comme moi du côté de Lyon, on peut se voir régulièrement pour travailler. C'est la deuxième raison. Sans compter son talent. D'ailleurs, entre mes deux albums, il a aussi écrit pour Carole (Ndlr : Fredericks), Isabelle Boulay, Roch Voisine...


Jean-Pierre Pasqualini : Avez-vous découvert d'autres auteurs à Astaffort ?

Michaël Jones : Oui, pas mal. Dans ce nouvel album, j'avais maquetté trois chansons découvertes là-bas, mais une seule a fini sur le disque. "La demoiselle" est de Philippe Thomas (ndlr : un chanteur dont nous avions présenté l'album auto-produit, il y a quelques années). D'ailleurs, quand je l'ai découverte, il y a deux ans, elle n'avait pas de refrain. Après leur avoir laissé une journée pour en trouver un, je les ai retrouvés perdus, n'ayant aucune idée. Comme pour moi ce refrain était évident, je leur ai dit. Ils m'ont mis alors au défi de le composer. J'ai pris ma guitare et je leur ai joué sur le champ. Comme ça leur a plu, nous avons décidé de la cosigner, mais, attention, pour ce refrain, j'ai refusé d'avoir la moitié des parts sur la musique, c'était trop. Ensuite, j'ai décidé d'essayer d'en faire une maquette. Et, comme c'est la copine de Philippe, Sandrine Régot, qui la chantait sur la première maquette, j'ai demandé à cette dernière de faire aussi le duo avec moi sur le disque. Je suis certain qu'elle ne m'a pas cru, jusqu'au moment où je lui ai donné la date de la séance en studio. En ce qui concerne les autres titres maquettés qui n'ont pas fini sur le disque, on va les proposer à d'autres interprètes.


Jean-Pierre Pasqualini : Les signatures de cet album et du précédent sont également souvent les mêmes, notamment au chapitre des "pointures" : Veneruso, Arzel... votre "famille" ne change pas beaucoup ?

Michaël Jones : Ma famille musicale, non... [rires]. Jacques a signé paroles et musiques d'"Un dernier blues pour toi" qu'il a écrit en hommage à Carole qu'il connaissait bien et avec laquelle il avait beaucoup travaillé. En fait, cette chanson a été écrite suite à des séances de travail pour Lââm avec Jacques et Jean-Jacques. Quand j'ai entendu l'hommage que voulait faire Lââm à Carole, je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas en faire un dans mon propre album. Et le jour du deuxième anniversaire de la mort de Carole, on a fait une soirée au Réservoir et c'est là que Jacques m'a fait écouter cette chanson. Ensuite, après l'avoir enregistrée, je me suis dit qu'il fallait qu'elle ouvre l'album, par rapport à Carole et aussi parce qu'elle donne bien la couleur de l'album.


Jean-Pierre Pasqualini : La seule "pointure" qui était sur le précédent album et qui n'est plus sur celui-là, c'est Jean-Félix Lalanne qui avait même signé un titre paroles et musique ?

Michaël Jones : Il devait y être, car j'ai enregistré une reprise de "Say It Ain't So Joe" de Murray Head en duo avec lui, dans laquelle Jean-Félix jouait de la guitare. Malheureusement, Murray n'a pas aimé sa voix et n'a pas voulu que je sorte le duo comme ça. Il m'a proposé de recommencer, mais comme il n'est jamais là, cela aurait retardé trop la sortie de mon disque, donc j'ai laissé tomber ce titre.


Jean-Pierre Pasqualini : Quand recommencez-vous la scène ?

Michaël Jones : J'ai déjà recommencé la semaine dernière, mais la tournée démarre vraiment au mois d'avril. Pour l'heure, je fais des dates de remise en forme pour ressouder le groupe, car, pendant quatre mois, à cause de la Star Ac, je n'ai rien fait, donc se retrouver une fois par semaine, ça fait du bien. En plus, je commence à introduire petit à petit les chansons du nouvel album, une à chaque nouveau spectacle.


Jean-Pierre Pasqualini : Qu'est-ce que vous supprimez pour faire de la place ?

Michaël Jones : Le passé.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous chantez toujours des titres de chaque album ?

Michaël Jones : Je ne chante plus rien de mon premier album avec les Swinglers, mais j'ai pourtant envie de reprendre "Hey Mister !", car ce morceau est bien rock. En plus de mes albums, je fais aussi deux reprises d'"Autour du blues"..., bien sûr "Je te donne" et aussi "Je commence demain" qui était sur un album avec Jean-Jacques et Carole.


Jean-Pierre Pasqualini : Qui vous produit sur scène ?

Michaël Jones : C'est moi. Je produis mes spectacles comme je produis mes disques avec ma structure, JCK. Je ne fais pas de tournées intenses, car ce n'est plus possible, c'est désormais interdit de faire plus de quatre concerts par semaine ou alors il faut avoir deux équipes techniques. Je préfère donc faire des spectacles quand on me demande.


Jean-Pierre Pasqualini : Comment peut-on garder son équipe dans ses conditions : les mois d'interruption Star Ac ? Les dates par-ci par- là ?

Michaël Jones : Les musiciens, ça va, ce qui est plus difficile c'est de garder son équipe technique, pourtant je n'ai que deux techniciens. Il faudrait d'ailleurs que j'en recrute un pour les lumières.


Jean-Pierre Pasqualini : La scène vous plaît-elle plus que le studio ?

Michaël Jones : Oui je préfère la scène, même si j'adore travailler en studio avec François Porterie. Je ne me vois pas d'ailleurs enregistrer mes voix avec quelqu'un d'autre. Si je vais à Condorcet, c'est pour lui et aussi pour son micro.


Jean-Pierre Pasqualini : Producteur mais aussi éditeur. Si au début, vous étiez édité par Goldman dans sa société JRG, vous ne l'êtes plus depuis 1987...

Michaël Jones : A l'époque, je n'étais pas éditeur mais en droits réservés, mes chansons n'étaient pas éditées...


Jean-Pierre Pasqualini : Ce qui veut dire que ce sont les auteurs et compositeurs qui touchent l'argent ? Et vous étiez les deux ?

Michaël Jones : C'est vrai. Depuis, j'ai créé mes éditions JCK car pour tenir, il faut se structurer. Si on laisse tout aux maisons de disques, on met tous les œufs dans le même panier, c'est dangereux. D'ailleurs, je crois que la baisse des maisons de disques n'est pas liée au téléchargement. Ils ont juste trouvé un bouc émissaire avec ça. Le vrai problème, il est artistique. On a trop sorti d'albums avec seulement deux bons titres. Et deux bons titres par album, ça encourage le téléchargement... En plus, avec le "copy safe", on pénalise ceux qui veulent recopier l'album qu'ils ont acheté afin d'en mettre un exemplaire dans la voiture et ne pas abîmer leur original. Et même cet original n'est souvent pas lisible sur les autoradios, encore moins sur un ordinateur, et en plus pas copiable sur un baladeur : c'est nul ! Sans parler du prix des disques. Les maisons de disques ont perdu la tête lors du passage à l'euro. 20 euros un album, c'est plus cher qu'un dvd ! Et le problème n'est pas que français ! Quand il voit qu'un cd vierge, ça vaut 30 centimes d'euro, l'acheteur peut se poser des questions. Qu'on n'essaie plus de lui expliquer que les maisons de disques sont "obligées" de faire autant de bénéfice !


Jean-Pierre Pasqualini : Vous êtes pourtant chez Emi-Virgin, une des plus grosses ?

Michaël Jones : A l'origine je voulais sortir cet album en distribution et rester indépendant, et, au moment de la Star Ac, j'en ai parlé à Endemol car je savais qu'il fallait que je parte en promo avant la fin de l'émission de télé. Ils m'ont demandé d'écouter les titres, ça leur a plu et ils m'ont proposé de me prendre en contrat de licence et de me trouver une maison de disques. C'est eux qui m'ont trouvé Virgin.


Jean-Pierre Pasqualini : Pourquoi ne pas avoir continué avec la maison de disques qui avait sorti votre précédent album ?

Michaël Jones : Parce qu'ils ont fait faillite ! C'était CNR...


Jean-Pierre Pasqualini : Mais ils sont devenus Wagram...

Michaël Jones : Oui, mais c'est un très mauvais souvenir pour moi. A la sortie du deuxième single, "Oublié" (Ndlr : après "Le temps fait mentir"), il n'y avait plus personne à la promo de la maison de disques. Ils n'avaient déjà respecté aucune clause du contrat...


Jean-Pierre Pasqualini : Et pourquoi pas continuer avec Sony où il y avait eu votre premier album, la compile et tous les disques avec Carole et Jean-Jacques...?

Michaël Jones : Ils m'ont toujours considéré comme le guitariste de Jean-Jacques... En plus, comme je dis ce que je pense, je ne pense pas être très aimé là-bas. C'est comme avec ce que je viens de dire sur les maisons de disques, je vais encore me faire taper sur les doigts...


Jean-Pierre Pasqualini : On vous a souvent dit de "fermer votre gueule" ?

Michaël Jones : Oui, et même des hommes politiques...


Jean-Pierre Pasqualini : Le nouvel album montre une photo de vous alors que "12% blues" montrait une canette de bière vue du dessus, pourquoi ?

Michaël Jones : Moi je ne voulais pas mettre de photo. Et d'ailleurs, je trouve que la pochette de "12% blues" est plus efficace que celle de "Prises et reprises", même si je trouve Yannick Saillet très doué comme photographe. J'avais même fait un projet pour ce dernier album. J'avais l'idée de mettre une main de femme qui poussait du velours rouge foncé dans une machine à coudre... J'ai même fait faire une séance photos pour ça. Malheureusement, personne n'en a voulu.


Jean-Pierre Pasqualini : En revanche, le titre a été accepté ?

Michaël Jones : Oui. D'ailleurs, je l'avais depuis dix ans car ça fait dix ans que je voulais faire un album de reprises et que personne n'en voulait. Depuis, tout le monde a fait le sien : Bruel, Pagny..., même si je ne me compare pas à eux. Je sais qu'on écoute plus des gens qui vendent beaucoup de disques. D'ailleurs, pour tout dire, la chanson "Vivre pour mourir" sur "12% blues", qui est une adaptation d'Edgar Winter, provient des cinq titres que j'avais enregistrés "en déf" (ndlr : définitif) pour cet album de reprises qui n'est jamais sorti. Une autre reprise s'est retrouvée sur la compile "Blues Attitude" chez 13 Bis Records, une dernière et deux autres sur ce nouvel album...


Jean-Pierre Pasqualini : En plus de vos albums, vous avez souvent été sur les disques des Enfoirés ?

Michaël Jones : J'ai été le premier artiste à être dans les Enfoirés... J'ai dû rater seulement deux éditions, dont une car j'avais dit à Véronique Colucci que je ne faisais pas les Enfoirés pour chanter n'importe quoi, ou faire de la figuration. A la place, je suis allé enregistrer pendant 15 jours tous les nouveaux de la deuxième version de la "Chanson des Enfoirés" : Zidane à Turin, Aimé Jacquet à la FFF, Charlotte Gainsbourg chez elle, David Douillet, MC Solaar... Quant à cette année, j'ai chanté : "Là où je vais", de Voulzy, "Et c'est parti" de Nadyia, un truc de R'n'B...


Jean-Pierre Pasqualini : Ça n'a pas l'air de vous enchanter ?

Michaël Jones : Si c'est marrant car c'est entre le rap et le chant. J'ai chanté sur deux dates, à Clermont et à Paris : "Femme Like U" de K'Maro, qui a été un enfer pour moi car il y a un débit de mots énorme... Sur les autres dates, c'est Yannick Noah qui a fait ce titre.


Jean-Pierre Pasqualini : Combien y a-t-il eu de dates ?

Michaël Jones : On a donné sept concerts, un à Clermont et six à Bercy. En plus, on a fait les répétitions à Clermont. Au total, ça me prend trois semaines chaque année. Certains n'ont pas pu faire toutes les dates, notamment à cause des NRJ Awards, donc j'ai fait des remplacements. Le soir où j'ai remplacé Yannick à Paris, il était en concert à Deauville. En plus, ce soir là, j'ai dû partir rapidement car j'avais moi-même un concert au Kremlin-Bicêtre...


Jean-Pierre Pasqualini : Hormis "Je te donne", cela ne vous manque-t- il pas de ne pas avoir un titre - que vous avez écrit - repris dans ce genre de spectacle ?

Michaël Jones : Je m'en fous, je ne fais pas les Enfoirés pour ça. Je les fais parce que Coluche m'a demandé un jour, quand on était à Canal Plus, pour faire la promo de "Je te donne", d'y participer et de venir jouer au foot à La Courneuve. C'est le même jour qu'il a demandé à Jean-Jacques d'écrire la chanson qui est devenue celle des Enfoirés.


Jean-Pierre Pasqualini : Est-ce que cette soirée a gardé son côté sympathique ou n'existe-t-il qu'à l'antenne ?

Michaël Jones : C'est très convivial, il y a beaucoup de bonne humeur... On se marre bien. Cette année, en plus, j'ai remarqué que ça a permis de régler quelques comptes... J'ai vu quelques artistes qui ne se parlaient plus depuis un moment se reparler...


Jean-Pierre Pasqualini : Vous évoquez le conflit Bruel-Obispo ?

Michaël Jones : En tout cas, j'ai vu Patrick et Pascal dans un coin en train de discuter pendant un bon bout de temps (ndlr : et Pascal chante sur "Et puis la terre", composé par Patrick...)


Jean-Pierre Pasqualini : Vous, vous avez l'air d'être copain avec tout le monde ?

Michaël Jones : Moi, je n'ai de problèmes avec personne. On peut dire ce qu'on pense et le faire en face... Les conflits viennent de malentendus et de choses qu'on ne règle pas. Je n'ai jamais eu de conflits avec Jean-Jacques pourtant on a pu se dire des choses dures. D'ailleurs, comme c'est dit dans "Le frère que j'ai choisi", on n'a pas besoin de se dire grand-chose : "Je comprends même ce que tu ne dis pas", et c'est vrai !


Jean-Pierre Pasqualini : Vous ne la trouvez pas impudique ?

Michaël Jones : Je trouve qu'elle reflète bien ce qui se passe entre nous. Et puis, ça remet les choses à plat. Cette chanson est un des plus beaux cadeaux qu'on m'ait jamais fait.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous êtes également sur les deux albums "Autour du blues". Est-ce qu'il y aura un volume 3 ?

Michaël Jones : On ne sait pas.


Jean-Pierre Pasqualini : Est-ce évident d'avoir "Autour de la guitare" avec Jean-Félix Lalanne et "Autour du blues" ?

Michaël Jones : Au début, le projet était commun, dans le premier "Autour de la guitare", il y avait du blues. Ensuite, il y a eu scission entre Jean-Félix et le patron de Créon. En plus, je crois que cette maison de disques n'existe plus. Et on avait déjà été très déçu du volume 2 d'"Autour du blues" dans lequel on avait tous mis beaucoup de cœur et sur lequel la maison de disques n'a même pas fait le minimum, ni en promotion, ni en distribution. J'ai même proposé de vendre les disques lors de concerts et personne ne s'en est occupé !


Jean-Pierre Pasqualini : Vous avez fait des reprises, mais en qualité de co-créateur de "Je te donne", qu'aviez-vous pensé de la version des Worlds Apart ?

Michaël Jones : Je n'avais pas vraiment aimé la version. Je pense qu'ils ne sont pas allés assez loin, ils ont juste rajouté un pied sur tous les temps, c'est banal. En revanche, cela a permis à une génération de découvrir la chanson, dix ans après, ça c'est positif... Dans les reprises de Jean-Jacques, je préfère de loin "Pas toi" par Melgroove, qui était bien plus réussie...


Jean-Pierre Pasqualini : Avez-vous écrit des chansons pour d'autres interprètes récemment ?

Michaël Jones : Il y a trois ans, j'avais écrit un texte pour une chanteuse dont s'occupait Alain Turban. Il se trouve que c'est devenu Morganne de la Star Ac... Là, Lucie m'a envoyé 70 textes, je vais voir s'il y en a qui m'inspirent... Mathieu m'a également demandé. Si j'ai un texte écrit ou envoyé par l'interprète, c'est plus facile pour moi, alors que quand j'écris pour moi, c'est toujours la musique d'abord.


Jean-Pierre Pasqualini : Aucun artiste confirmé ne vous a demandé de chansons ?

Michaël Jones : Il y a trois ans, j'ai bossé avec Liane Foly pendant trois semaines sur des textes en anglais, mais cela n'a pas abouti.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous aviez été déçu quand Céline Dion n'avait pas pris votre adaptation de "Pour que tu m'aimes encore" ?

Michaël Jones : Je n'ai pas été déçu qu'elle ne prenne pas ma version, mais qu'elle prenne moins bien, sans vouloir être prétentieux. La maison de disques américaine, qui a préféré prendre quelqu'un qu'elle connaissait, s'est un peu foutue de sa gueule... Si elle avait choisi Carole King, je me serais incliné, mais ce n'était pas le cas... J'avais fait quatre ou cinq adaptations pour Céline et aucune de celles qui ont été préférées aux miennes ne m'a convaincu.


Jean-Pierre Pasqualini : Vous n'avez jamais proposé d'adapt' pour les albums suivants ?

Michaël Jones : Non, je sais que c'est le pot de terre contre le pot de fer.


Jean-Pierre Pasqualini : Pourquoi ne pas voir directement avec René Angélil ou Céline ?

Michaël Jones : Je pense que René avait vu mes textes, mais il est francophone, donc, il ne sait pas. Céline a beau parler et chanter anglais sans accent, elle chante comme une française, dans sa découpe des mots, elle est un peu anti-swing. Ce n'est plus très grave car c'est devenu la mode aux USA. On peut prendre aussi la dernière chanson de Madonna, je suis à peu près sûr que le producteur est un français parce qu'elle chante "I've got you under my skin" avec un phrasé français...


Jean-Pierre Pasqualini : Il y a trente ans, Goldman était dans Taï Phong qui sortait "Sister Jane", vous remplaciez Jean-Jacques sur scène. Avez-vous vu le temps passer ?

Michaël Jones : Non. J'ai l'impression que Taï Phong, c'était hier, mais ça ne me démoralise pas, au contraire, je suis content d'être toujours là trente ans après...


Jean-Pierre Pasqualini : Vous regrettez vos expériences de groupes des années 80-82 : Week-End Millionnaire ou Gulfstream ?

Michaël Jones : Non, ce sont toutes de chouettes expériences... Week- End Millionnaire, ça a marché, Gulfstream, non, mais la rencontre avec William Sheller, c'était sympa. Ensuite, c'est vrai que j'ai été tellement dégoûté par l'entourage show-bizz, que dès que le disque est sorti, je me suis barré et j'ai laissé tomber.


Jean-Pierre Pasqualini : Ne me dites pas que vous avez découvert le show-bizz et ses défauts, plus de cinq ans après vos débuts ?

Michaël Jones : Taï Phong, c'était familial, Week-End Millionnaire aussi, car c'était toujours avec Jean Mareska comme directeur artistique... Et il faisait écran et nous protégeait. Pour Gulfstream, il n'était plus là et je suis tombé avec des producteurs qui voulaient me déguiser, me relooker, tout juste s'il ne fallait pas que je mette une plume dans le cul...


Jean-Pierre Pasqualini : Et musicalement ?

Michaël Jones : Musicalement, c'était bien, d'ailleurs Gulfstream est devenu l'orchestre de Jean-Jacques...


Jean-Pierre Pasqualini : C'est vrai que vous avez fait la première tournée de Goldman en solo ?

Michaël Jones : Oui, la toute première de 1983, avec l'équipe de Jonasz : Manu Katché, Jean-Yves d'Angelo, Kamil Rustam, Guy Delacroix... Heureusement, elle n'était prévue que pour 15 jours. Pour voir. Au bout de ces deux semaines, Jean-Jacques a dit à toute l'équipe : "Je ne reconnais pas mes chansons, il faut que j'aie une autre équipe". Ensuite, Jean-Jacques s'est adressé à moi : Michaël, tu ne peux pas retrouver les mecs de Gulfstream et monter un groupe ?". Donc, j'en ai retrouvé deux : Jean-François Gautier et Lance Dixon. Quant au bassiste, Jean-Pierre Pichot, il n'a pas voulu car il venait de trouver une place au Crazy Horse et sa femme l'a interdit de quitter ce boulot "sérieux" pour partir à l'aventure avec un jeune chanteur "météore"... (sourire) Il se trouve qu'aujourd'hui, dans ces cabarets, il n'y a plus que des bandes...


Jean-Pierre Pasqualini : Avez-vous reparlé de Gulfstream avec Sheller ?

Michaël Jones : Jamais. Quand on se croise, on se dit bonjour, mais il ne se rappelle absolument pas de Gulfstream... Ou il ne veut pas s'en rappeler... Je vois dans ses yeux qu'il ne me connaît que par rapport à "Je te donne" et au trio Fredericks-Goldman-Jones.


Jean-Pierre Pasqualini : Comment va la vie privée ? Vous avez trois filles ?

Michaël Jones : Oui, Jenifer a 27 ans, Joana en a 24 et Sarah 10...


Jean-Pierre Pasqualini : Sont-elles artistes ?

Michaël Jones : Elles chantent toutes les trois très bien, jouent toutes les trois du piano... Mais elles ne veulent pas en vivre. L'aînée est pilote de ligne et vit à Chamonix, la deuxième sera bientôt éducatrice spécialisée et vit à Caen près de sa mère, et la plus petite vit avec sa maman et moi à Lyon. Elle n'est d'ailleurs pas de la même mère que les deux grandes. Sarah est bien sûr folle de la Star Ac... Comme tous les enfants, elle aime les paillettes... Même si "La nouvelle star", ça ne l'a pas branchée du tout. Sa chanteuse préférée c'est Lorie, et je le comprends car Lorie est très proche de son public, elle rend bien aux enfants ce qu'ils lui donnent. Je l'ai vue sur la Star Ac, elle a une attitude très saine... Sarah prendra-t- elle ma suite au niveau artistique ? Il est encore tôt pour le dire...