| En juin dernier le trio Fredericks-Goldman-Jones se produisait deux soirs consécutifs à Lausanne. Plus de deux heures d'un spectacle teinté couleur ROUGE, le titre de leur dernier album. Rencontre avec Michael Jones, qui nous parle de son amitié avec Jean-Jacques Goldman, de leur spectacle, de son avenir. LGS : Depuis combien de temps travailles-tu avec Jean-Jacques, en complicité ? MJ : Depuis très longtemps. A partir du troisième album de Taï Phong. LGS : Qu'est-ce que cette période Taï Phong t'a apporté ? MJ :Enormément. C'était la découverte du travail en studio. Et aussi l'amitié, car depuis Jean-Jacques et moi on est copains. LGS : As-tu travaillé dès le début sur les albums solo de Jean-Jacques ? MJ : Non, à partir du quatrième, c'est-à-dire "Non homologué". Car les albums précédents, il les avait fait uniquement avec des musiciens de studio. Mais j'ai également participé à la tournée qui a suivi la sortie du troisième album "Positif" qui contenait notamment "Envole-moi". LGS : Le tube "Je te donne", t'a révélé au public comme le complice de Goldman. As-tu participé à ce morceau, l'avez-vous écrit à deux ? MJ : Moi j'ai écrit le texte anglais. Mais bon, c'était très facile. Il fallait seulement donner des réponses aux questions qui étaient posées. Disons, donner un petit peu la même chose en anglais qu'il y avait déjà en français, mais en venant d'un endroit différent. Le sens essentiel du texte étant que on est pas obligé de venir du même endroit pour avoir les mêmes considérations. LGS : Pour l'écriture, travailles-tu avec Jean-Jacques ? MJ : Il travaille d'abord tout seul, ensuite Erick Benzi et moi intervenons. Surtout depuis les deux derniers albums. L'esquisse de la chanson est déjà fait et après nous on intervient au niveau des arrangements : Erick surtout au niveau des rythmiques et moi au niveau des guitares. LGS : N'est-il pas un peu frustrant pour toi de participer si peu ? Tu as déjà fait un album solo, est-ce que ça te manque de faire une chanson de A jusqu'à Z ? MJ : Non ..., ça m'arrive, mais bon, c'était un accord au départ au sein du groupe, que la musique resterait essentiellement la musique de Jean-Jacques. Quant il a besoin d'un coup de main pour écrire une chanson, il me le demande et je le lui donne. Mais ça ne me manque pas, j'ai pas de problèmes d'égo musical. LGS : D'accord. Et qu'est-ce que la venue de Carole a apporté au groupe ? MJ : C'est pas que la voix de Carole qui a apporté quelque chose, mais c'est ce personnage, la présence ..., c'est tout ce qu'il y a autour de Carole qui apporte. C'est difficile à expliquer. Déjà par exemple quand elle monte sur scène, ça crée une ambiance, c'est quelqu'un qui apporte quelque chose de très positif au groupe. Mais c'est pas vraiment définissable comme ça. Lors de la tournée, les choeurs de l'Armée Rouge sont présents à vos côtés. Parle-moi un peu la rencontre, à Moscou. La rencontre s'est déroulée un peu bizarrement. On était allés les voir répétés, et déjà quand on les entendait comme ça a capella, c'était .... des frissons. On les a eu en studio, on a travaillé avec eux, mais on a pas vraiment eu le temps de les connaître. Les choeurs que l'on a en tournée, c'est les choeurs d'Ukraine. On devait avoir des Russes, mais il y a eu un problème de visa. Mais c'est pareil, c'est les mêmes ! LGS : En ce qui concerne les décors, qui décide de l'idée de base ? MJ : On a eu des réunions pour discuter de la scène, des possibilités. Jean-Jacques a eu l'idée d'une usine délabrée qui se remettait à vivre. A partir de l'idée de base, on a demandé à tout le monde des idées, à Fred de concevoir la lumière etc. Au fur et à mesure, la mise en scène s'est construite comme ça, des idées venaient de toute part. Et après Jean-Jacques a fait la synthèse de tout. LGS : Lors du concert, il y a la projection d'images montrant une infirmière tentant de réanimer un nouveau-né, images qui ont inspirés Jean-Jacques pour la chanson "Juste après". Ne penses-tu pas que ces images peuvent choquer ? MJ : Je pense que si l'on ne projette pas le film, on ne peut pas comprendre la chanson. C'est vrai qu'il y a des scènes un peu violentes, mais c'est moins violent que des scènes d'atrocité au Rwanda ou en Bosnie et en plus il y a une fin positive puisque l'on réussit à faire vivre cet enfant. Mais il faut savoir que ça existe. Et il fallait montrer ce film, car c'est en voyant cette émission de télé que Jean-Jacques a écrit cette chanson. LGS : Pour la suite, vas-tu continuer avec Jean-Jacques pour le prochain album, s'il y en a un, ou vas-tu refaire un album solo, ou autre chose ? MJ : Pour l'instant j'en sais rien au fait. Album solo, peut-être, il faudrait que j'aie des chansons. Je ne vais pas me dire qu'il faut que j'écrive dix chansons pour faire un album. Si les chansons sont pas géniales, je ne le ferai pas. Parce que tout le monde m'attend au tournant. Tout dépend l'envie qui me prend à la fin de la tournée et le boulot qu'on me propose aussi. Je sais que Jean-Jacques aura peut-être besoin de moi pour quelques projets et donc tout dépend du temps que j'aurai pour moi. Mais en fait, ça me manque pas. LGS : Très bien, merci beaucoup. |