| Michael Jones était un peu fébrile avant le début du concert car jamais encore il ne s'était produit avec "Route 66". La foule qui s'était réunie très tôt autour des tables du bar de l'hôtel Atria a dû le rassurer. Après quelques morceaux pour "lier contact", dont les célèbres "Walking by myself", "Hard to be", "Sweet home Chicago", ou "Dust my blues", le leader a vite dévoilé sa vraie nature, très à l'aise avec le groupe comme avec le public. Ne se contentant pas seulement de faire participer la foule, il n'a pas hésité à prêter sa guitare à quelques jeunes guitaristes amateurs, démontrant par là qu'on peut ne pas se prendre au sérieux même si l'on est le guitariste en titre (et ami) de Jean-Jacques Goldman, et qu'on vient d'enregistrer un album avec les plus grands guitaristes français... Des saxophonistes amateurs se mêlaient rapidement au groupe, pour transformer la soirée en véritable "beuf", au plus grand plaisir du public qui rythmait le tout en tapant des mains. "Hootchie cootchie man" et "Boom boom" faisaient grimper les décibels, avant que le groupe n'offre un sympathique et émouvant "Happy birthday" version bluesy à Pierre Brémant, papa du guitariste de "Route 66", Philippe, et président du jazz-club, qui avait fêté son anniversaire quelques jours auparavant. "You gotta move", "All right now", "Stormy Monday", "Sweet little sixteen", et enfin "Bye bye Johnny" faisaient encore monter la température, avant un "Toute la musique que j'aime" repris en coeur par un public conquis. L'improvisation continuait de plus belle, pour s'achever sur un rock endiablé, "Johnny be good", qui fit se lever et danser tout le public. Pourquoi un rock pour terminer une soirée blues ? "Tout simplement parce que le rock'n'roll, version dansée du rythm'n blues, est directement issu du blues", explique Michael Jones. Le blues dans le sang Le guitariste nous avait effectivement reçu avant le concert, pour nous expliquer sa passion pour cette "musique qu'on aime"... "En fait", raconte-t-il, "le blues je suis tombé dedans quand j'étais môme. En effet, tout petit déjà je chantais des chansons religieuses à l'école. De là m'est venu mon amour pour le gospel. Or le gospel, c'est la racine de la musique, le tronc étant le blues. Ensuite, le jazz est une ramification du blues, le rock'n'roll est une fusion entre le blues et la musique folklorique irlandaise, bref le blues est vraiment à la base de tout ce qu'on joue aujourd'hui". Il adore tellement cela qu'il a monté son propre groupe, "Michael Jones' band", avec lequel il prépare un album de blues en français (quotas oblige...) qui sortira à la fin de l'année. Les plus grands amateurs de blues sont des guitaristes, comme lui: "mes idoles sont nombreuses, de Jean-Félix Lalanne pour les Français à Jeff Beck, Stuart Hamm, ou Terry Kath, l'excellent bassiste de l'ex "Chicago"". Gageons que ce guitariste virtuose, si l'on en croit la technique qu'il a démontré lors de ce concert, est déjà lui-même l'idole de nombreux guitaristes en herbe ! |