| Michael Jones : Jean-Jacques Goldman n'est jamais bien loin
On le connaît surtout comme guitariste et complice de Goldman. Pourtant, Michael Jones mène aussi une carrière de chanteur en solo. En témoigne son album "Prises et reprises". Cet homme a dû naître une guitare à la main. Aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs guitaristes en France, Michael Jones s'est fait un nom en devenant le fidèle complice de Jean-Jacques Goldman. D'abord comme guitariste et choriste, puis grâce au tube en duo "Je te donne", classé huit semaines numéro un du "Top 50" en 1985, avant de former, durant cinq ans, le trio Fredericks-Goldman-Jones. Pourtant, dans son coin, le musicien gallois aime se faire plaisir en concoctant des albums en solo : le dernier, "Prises et reprises", regroupe quelques reprises, comme le titre l'indique, ainsi que des chansons originales, dont "Le frère que j'ai choisi", composée par Goldman. "Je voulais faire des reprises depuis des années, explique Michael Jones. Mais il y a une dizaine d'années, ça n'intéressait personne. Puis, Bruel et Pagny l'ont fait, et c'est devenu courant". Sur l'album, on notera la présence d'un certain Francis Cabrel, qui a adapté en français les paroles de "Walking in Memphis", de Marc Cohn, devenu "Marcher dans Memphis" ; Cabrel, que l'on retrouve en duo dans "Des nuits trop longues". "J'ai aussi enregistré un duo avec Murray Head, mais il n'a pas aimé sa voix, et comme il n'a pas pu la refaire, nous avons été obligés d'enlever la chanson". Sur "Prises et reprises", Michael Jones donne dans le blues. Rien d'étonnant à cela, quand on se penche sur le parcours du musicien : "Le blues, c'est mes racines musicales: je suis parti avec la musique celte, puis j'ai écouté les Beatles, Chuck Berry, Little Richard, surtout du rock. En fait, j'ai découvert le blues par les Anglais, j'ai découvert B. B. King par Eric Clapton... C'est une musique conviviale". S'il laisse court à ses envies et à son instinct, l'homme se montre toutefois très exigeant vis-à-vis de son travail. "Un disque, on doit pouvoir l'écouter dix ans après, c'est un peu comme une carte de visite pour pouvoir faire des concerts". Si Michael Jones connaît un grand succès auprès de Jean-Jacques Goldman, sa carrière en solo peine à décoller, ses albums ne s'arrachant pas par camions entiers. "Je n'ai pas besoin d'un mégasuccès pour tourner, rétorque le chanteur. Les salles sont pleines et je ne cherche pas à faire des mégasalles : j'ai besoin de contact avec les gens, de répondant". L'an dernier, Mister Jones a surpris son monde en apparaissant dans l'émission "Star Academy", où il officiait comme "répétiteur". Une présence qui peut être mal vue au sein d'un programme télé souvent décrié par les professionnels de la musique. "Ils font des progrès, ils ne sont pas là par hasard, ces mômes. Ils ont ramé: aujourd'hui, quel parcours peuvent-ils suivre pour se faire connaître ? Il n'y en a pas". Et le prof d'expliquer qu'on est venu le chercher : "J'ai accepté pour remédier aux critiques que j'avais faites. Je prends ça comme un défi, mais j'étais quand même un peu naïf : il y a un paramètre que je ne connaissais pas, la TV. Une émission par semaine, ils travaillent tous les jours pour la faire". S'il vient du Pays de Galles, Michael Jones vit en France depuis plus de trente ans. "Je suis Européen : ma mère est Française, mon père Gallois. Je suis très attaché à ma culture, que je veux préserver absolument. Mais je suis aussi pour le métissage. C'est ce qui fait que les gens sont beaux, alors il n'y a pas de raison que ça ne marche pas avec la musique". |