| Carlos Sancho : Comment as-tu appris à jouer de la guitare ? Michael Jones : Un peu par hasard. Lorsque j'ai vu pour la première fois les Beatles ce fut une révélation. Je me suis dit en sortant : " Voilà ce que je veux faire". Au départ je voulais être batteur mais, j'ai remarqué que les guitaristes plaisaient beaucoup plus aux filles. Cela dit, il s'avère que les 6 cordes sont plus abordables et plus faciles à transporter. Carlos Sancho : Cela s'est-il vérifié avec les filles ? Michael Jones : Quand j'étais môme oui. Lorsque tu as un peu de célébrité, le fait de te voir avec une guitare devient normal. Le charme de l'instrument s'estompe considérablement. Néanmoins je n'en ai pas profité tant que ça. Carlos Sancho : Ce fut à quelle époque ? Michael Jones : J'avais 12 ans. Cependant je chante depuis l'âge de 4 ans, J'ai appris la musique bien avant de savoir jouer de la guitare. Carlos Sancho : Pourquoi avoir choisi la France ? Michael Jones : Ma mère est française. A la fin de mes études je suis venu voir ma famille dans le beau pays de Molière, j'ai rencontré un groupe avec lequel je me suis éclaté et du coup je suis resté. Il faut savoir qu'en 1971, il y avait plus de boulot en France qu'en Angleterre. Le choix fut donc facile. Je pouvais gagner en un soir ce que je pouvais faire en une semaine. Carlos Sancho : Combien gagnais-tu ? Michael Jones : En 71 les cachets étaient de 200 F. Je pouvais donc me faire entre 500 et 700 F par semaine, ce qui était bien pour l'époque. Carlos Sancho : Musicien de studio, cela ne t'intéresse pas ? Michael Jones : Non, il en existe déjà tellement qui sont très doués, en plus il faut habiter Paris. Musicien de studio est un métier à part entière. De toutes façons, je me sens plus un musicien de scène. Carlos Sancho : Est-ce plus rentable de faire de la scène ? Michael Jones : Le prix d'une séance et d'un concert sont équivalents. Tu peux bien évidemment faire plusieurs séances par jour, alors que tu ne feras qu'un seul concert. Je fais de la musique par passion, j'ai de la chance de pouvoir en vivre. Je n'ai nullement eu envie de faire de la musique pour devenir riche. Carlos Sancho : Comment s'est passée ta rencontre avec Jean-Jacques ? Michael Jones : Très bizarrement. Je vivais en France depuis 3-4 ans, j'ai lu une annonce : "Groupe chantant en anglais cherche guitariste et chanteur". Je me suis dit :"Pour les guitares OK, mais pour l'accent, va falloir travailler". Puis je suis entré au sein de Taï Phong. Le clou de l'histoire : c'était pour remplacer Jean-Jacques qui ne voulait plus tourner. Nous avions lui et moi la même façon de voir les choses, c'est donc tout naturellement que nous avons gardé contact. Notre premier point d'accord fut Peter Green (Fleetwood Mac) que nous aimions beaucoup l'un et l'autre. Carlos Sancho : Où se situe votre différence ? Michael Jones : Je suis attiré par les sons propres et clairs, alors que Jean-Jacques joue avec un son plus destroy, style AC-DC. Carlos Sancho : Quand tu n'es pas avec Jean-Jacques, tu joues dans des clubs ? Michael Jones : J'aime la scène et le blues, dès que je le peux, je vais taper le bœuf avec des potes. J'ai aussi un petit groupe composé de copains, tels que C. Deschamps, C. Le Peron, Jackie Mascarel et P. Grandvoinet (on a déjà vu ce line up quelque part Ndc), avec lesquels je joue dans des petits clubs, c'est très excitant. Carlos Sancho : Ton album solo est déjà sorti, qu'en penses-tu ? Michael Jones : Je l'avais fait retirer des ventes il y a quelques années, suite à certains conflits, on va enfin pouvoir le trouver [NDJMF : Michael parle ici d'une réédition partielle, "83-93", qui a été tout aussi introuvable très rapidement]. Pour moi ce fut plus émotionnel qu'autre chose. Les maisons de disques ont trop tendance à oublier que les artistes sont des gens très sensibles. Carlos Sancho : Chantes-tu en français ? Michael Jones : Non, je ne sais pas écrire des textes dans ta langue. Je n'en possède pas la culture. Je préfère chanter une bonne chanson de quelqu'un d'autre qu'une mauvaise de moi. Carlos Sancho : Le changement de Jean-Jacques solo en trio a-t-il changé quelque chose pour toi ? Michael Jones : Absolument rien. Les rapports sont restés les mêmes. Le changement a eu lieu à l'époque de Je te donne. Depuis ce titre, je me suis fait un petit nom. Il est vrai que les gens me reconnaissent plus dans la rue. Carlos Sancho : Et face aux maisons de disques ? Michael Jones : Pas plus. De toute façon pour une bonne partie des majors, c'est un disque de Goldman. Carlos Sancho : Quelles sont tes passions ? Michael Jones : Je suis pilote d'avion, j'aime faire les travaux dans une maison. J'ai fait aussi du sport, golf, squash et foot, bien sûr. Carlos Sancho : Que ferais-tu si tu ne jouais plus de guitare ? Michael Jones : Je n'arrêterai jamais de jouer de la musique, néanmoins, je suis persuadé que je ne pourrai plus en vivre. A ce moment là, je ferais n'importe quoi. J'ai un BTS de mécanique, rien ne m'empêche de faire du remorquage de pub en avion, ou toute sorte de travaux manuels. Je suis assez doué pour cela d'ailleurs, j'ai refait et agrandi ma maison tout seul. Pour l'instant je vis d'une passion. Si cela devait s'arrêter, je ferai comme tout le monde, un boulot qui m'emmerde, et de la musique pour décompresser. Matos sur scène Transmetteur H.H. Rexer Racke effet : Mixer Rane 6x6x2, Intelliverb, TC Electronics 2290, Drawner 1960 Compressor Mesa Boogie Triaxis Roland SN 550 noise gate Ampli Mesa Boogie Strategie 500 Deux baffles Marshall 4x12 Guitares : Fender Stratocaster 1965, Fender Stratocaster, Custom Shop Maple Neck, Schecter Stratocaster, Fender Telecaster Set Neck, Telecaster James Trussart, Gibson Les Paul Studio, Paul Reed Smith Set Neck Custom, Electro- Acoustique Takamine, Bottlenecks Jim Dunlop |