France bleu nord
Retranscription d'Aurélie Amedeo, Christine Artus, Perrine Bergé



[Police : "Message in a bottle"]

Isabelle Duplouy : Ça fait du bien par où ça passe ! The Police sur France Bleue Nord : "Message in a bottle". Ça vous parle ça, Michael Jones, The Police ?

Michael Jones : Et ouais !


Isabelle Duplouy : Vous aimez beaucoup Sting ?

Michael Jones : Oui, "Message in the bottle", c'est leur premier grand tube, c'est sur ce titre-là qu'on les a découverts... Moi j'étais plus fan de Police que de Sting, franchement. J'ai adoré ce trio : un batteur fantastique, un guitariste très inventif. J'ai adoré Police. Je trouve que Sting est devenu un petit peu trop intello par la suite, c'est-à-dire qu'il a voulu faire de la musique plutôt à tendance jazz mais ce n'est pas vraiment un jazzman, donc j'ai trouvé cela un peu prétentieux. Mais cela n'empêche pas que c'est un fabuleux artiste et qu'il a de beaux textes. Mais moi, je préférais le côté rebelle de Police.


Isabelle Duplouy : En tout les cas nous sommes là pour parler de vous, Michael Jones. Vous nous êtes apparus comme ça, dans les studios de France Bleu Nord et nous en sommes ravis, c'est une grande surprise également pour nous. Donc vous allez venir passer un petit moment de la fête des pères en notre compagnie. Bienvenue en tout les cas dans le nord ! Mais c'est une région que vous appréciez apparemment, puisque vous débarquez, comme ça, avec vos bagages et votre guitare. On ne demande que ça ! [rires]

Michael Jones : Oui, il se trouve que cet été je passe beaucoup de temps dans le nord : j'ai cinq ou six concerts dans le nord, dont ce soir à Courrières...


Isabelle Duplouy : Entre Lille et Lens.

Michael Jones : Exactement, c'est un petit village. Je vais jouer en plein air, c'est un concert gratuit. Pratiquement tous les concerts que je fais sont gratuits. Donc il y a Béthune le 4 juillet, Fruges le 9 juillet, c'est tous des concerts gratuits, le 14 juillet également à Lambersart, et après je reviens encore une autre fois, il me semble, à Boulogne sur Mer le 23 juillet...


Isabelle Duplouy : Dans le cadre du festival de la Côte d'Opale ?

Michael Jones : Je n'en ai aucune idée. C'est encore un concert gratuit, je pense que ça doit être des concerts des mairies. Et je suis aussi le 23 juin à Dunkerque pour l'anniversaire du Virgin Mégastore, donc c'est là que je fais officiellement le lancement de mon single.


Isabelle Duplouy : Votre tout nouveau single extrait de l'album "Prises et Reprises" qui est sorti il y a quelques mois déjà - c'était en décembre - c'est "Marcher dans Memphis", c'est une reprise...

Michael Jones : C'est une reprise d'un monsieur qui s'appelle Marc Cohn avec un texte de Francis Cabrel.


Isabelle Duplouy : Et comment se passe la traduction de l'anglais au français, ce n'est pas évident ? Comment on gère pour rapprocher au mieux de la version originale anglaise ?

Michael Jones : Moi, en général, quand je fais une adaptation je ne tiens pas du tout compte du sujet, je préfère tenir compte du son des mots et essayer d'adapter le texte au son. Francis, par contre, respecte parfaitement le texte d'origine, ce qui fait que, parfois, il n'y arrive pas. Par exemple, le duo que je fais avec Francis sur l'album, c'est une chanson qui s'appelle "Des nuits trop longues" et c'est lui qui m'a dit qu'il aimerait bien chanter celle-là avec moi, alors je lui ai dit de me faire le texte, et donc, au bout de un mois, il me rappelle et me dit : "je n'y arrive pas, le texte en anglais est tellement nul" – et c'est vrai – donc c'est là où j'ai demandé à Fred Kocourek, qui est le parolier avec qui je travaille beaucoup, s'il pouvait faire une adaptation. Lui s'est basé sur le son des mots et il a fait un beau texte, que Francis a trouvé beau aussi puisqu'il l'a chanté.


Isabelle Duplouy : Et vous nous disiez tout à l'heure, quand vous nous avez parlé hors antenne, histoire de se briefer un petit peu, que vous aviez écouté vos fans concernant le choix du nouveau single. C'est important pour vous cette approche avec les fans, avec votre public à vous ?

Michael Jones : J'essaie de rester assez proche des gens qui viennent m'écouter et des gens qui m'écoutent parce que c'est eux qui me font vivre en fait. C'est grâce à eux que je continue à faire de la route, c'est eux qui viennent aux concerts, donc je dois rester à l'écoute de leur choix sur les sites qu'il y a sur moi ou sur les forums de discussion. Ils disent tous que leur chanson préférée c'est "Marcher dans Memphis", peut-être même plus que "Le frère que j'ai choisi".


Isabelle Duplouy : Est-ce que vous savez pourquoi ?

Michael Jones : Je n'en ai aucune idée, je crois que c'est une histoire de feeling. La chanson plaît, voilà tout.


Isabelle Duplouy : Est-ce que c'est une petite nostalgie par rapport à la version originale anglaise ? Ça leur rappelle peut-être des choses...

Michael Jones : Je ne pense pas. Je pense que la plupart des gens qui ont écouté mon album, en tout cas la plupart des gens que je consulte, ne connaissent même pas la version originale...


Isabelle Duplouy : Ah oui, donc c'est un public jeune ?

Michael Jones : Oui, j'ai étonnement un public assez jeune. C'est plutôt 25-35 ans.


Isabelle Duplouy : Je fais partie de ce public là, je vous rassure ! [rires] En tous les cas, vous allez nous faire le plaisir de la jouer en live : "Marcher dans Memphis" à la guitare !

Michael Jones : Oui, je vais le faire... Alors je vais le faire, mais normalement ça se joue à la douze cordes, mais je n'ai pas amené la douze cordes donc je le fais à la six cordes.


Isabelle Duplouy : Je peux vous prêter six doigts si vous voulez. [rires]

Michael Jones : Par contre, si vous voulez l'entendre en version live tout à l'heure, vous pouvez.


Isabelle Duplouy : A Courrières.

Michael Jones : Il suffit de venir à Courrières, c'est gratuit.


Isabelle Duplouy : Michael Jones.

[Michael chante "Marcher dans Memphis", en direct]


[Applaudissements]

Isabelle Duplouy : Michael Jones sur France Bleu Nord. Je suis toute seule à applaudir avec Benjamin en face de moi, à la technique.

Michael Jones : On ne l'entend pas.


Isabelle Duplouy : Nouveau single. Non, on ne peut pas l'entendre. Lui, il pousse les boutons.

Michael Jones : Il a le rôle discret, c'est-à-dire que c'est un garçon qu'on n'entend et qu'on ne voit jamais, mais qui fait du boulot quand même. C'est important.


Isabelle Duplouy : Et qu'il faut citer. C'est d'une grande importance en effet, Michael.

Michael Jones : Il fait bien le son. C'était très confortable, c'était super.


Isabelle Duplouy : Merci Benjamin. "Marcher dans Memphis" sur une reprise de Marc Cohn, "Walking in Memphis". Nouveau single de Michael Jones, extrait du dernier album studio en date, "Prises et Reprises". Et bien entendu, chanson qui a été choisie par ses fans. C'est très important.

Michael Jones : Ah oui, oui.


Isabelle Duplouy : Au moins, ce n'est pas lui qui fait son choix. Il écoute ce qu'il y a autour de lui. Nous rappelons que Michael Jones est ce soir en concert à Courrières, à ne surtout pas rater. Nous rappelons que c'est un concert gratuit, c'est bien ça ?

Michael Jones : Oui.


Isabelle Duplouy : Et que votre nouveau single s'intitule "Marcher dans Memphis".

Michael Jones : Et oui.


Isabelle Duplouy : Que vous nous avez joué il y a quelques instants et nous allons écouter un morceau de Jean-Jacques Goldman.

Michael Jones : C'est le premier single de l'album.


Isabelle Duplouy : De "Prises et reprises", oui.

Michael Jones : "Le frère que j'ai choisi".


Isabelle Duplouy : Comment est arrivée cette chanson ?

Michael Jones : Sur l'album précédent, je ne voulais pas de chanson de Jean-Jacques parce que je trouvais qu'en sortant de Fredericks-Goldman- Jones, ça n'était pas une très bonne idée. Il fallait vraiment…


Isabelle Duplouy : Faire une pause ?

Michael Jones : …faire la coupure, sinon cela allait ressembler trop à ce qu'on faisait tous les trois. Mais par contre, pour celui-ci, je pouvais me permettre de prendre une chanson de Jean-Jacques. Donc j'ai demandé à Jean- Jacques s'il avait une chanson pour moi et il m'a dit, "Ah, pas encore, mais je vais y réfléchir", et trois jours après j'avais la chanson "Le frère que j'ai choisi".


Isabelle Duplouy : D'accord, et Le frère que j'ai choisi, ça parle de votre grande grande grande amitié. Vous êtes en parfaite symbiose quand même depuis pas mal d'années.

Michael Jones : Parfaite, je ne sais pas. En tout cas, Jean-Jacques est une des personnes avec lesquelles je ne me suis jamais engueulé. C'est quand même quelque chose, jamais on s'est engueulé, non, on pouvait se dire droit dans les yeux ce que l'on pensait. Il n'y avait pas de problème à ce niveau là et il n'y a toujours pas de problème, d'ailleurs.


Isabelle Duplouy : Entre vous, franchise, honnêteté et sincérité ?

Michael Jones : Oui, totalement mais surtout…


Isabelle Duplouy : C'est important l'amitié.

Michael Jones : …on a les mêmes idées musicales, on va dans la même direction donc on a plein de points communs musicaux.


Isabelle Duplouy : D'accord, et vous retrouver seul comme ça sur scène, je suppose, enfin, ça vous plaît ? Ce n'est pas pareil que quand on est toute une équipe, par exemple avec Jean-Jacques Goldman. Comment ça se passe quand on se retrouve seul comme ça ? C'est votre album que vous défendez, c'est vous, on sait pas trop en fait comment ça se passe pour Michael Jones.

Michael Jones : Je ne suis pas très seul, je suis sur scène avec la même équipe…


Isabelle Duplouy : Oui, d'autres musiciens.

Michael Jones : …qui sont la même équipe qui joue avec Jean-Jacques : Claude Le Péron, Jackie Mascarel, Michel Cousin, le batteur qui était le batteur de mon premier orchestre de bal, un des orchestres de bal avec qui j'ai joué en Normandie, Sandrine Régot, qui est une fille qui chante sur "La demoiselle" avec moi sur l'album que j'ai découvert à Astaffort pendant les rencontres.


Isabelle Duplouy : D'accord.

Michael Jones : J'ai trouvé normal qu'elle vienne, si ça peut lui donner un petit coup de pouce de venir en tournée avec moi. Donc elle est sur scène avec moi aussi.


Isabelle Duplouy : Très bien.

Michael Jones : Voilà, je suis loin d'être seul, le seul moment où je suis seul, c'est sur les plateaux France Bleu que je fais en ce moment. La tournée que je fais en ce moment, là, je me sens un peu seul effectivement mais bon, il y a beaucoup de monde devant qui me rappelle que je ne suis pas seul.


Isabelle Duplouy : Voilà, et c'est totalement improvisé aujourd'hui, "Le frère que j'ai choisi", Michael Jones sur France Bleu Nord. Très bon après- midi à vous, ensoleillé, nous espérons que tout va bien et nous sommes vraiment en charmante compagnie. A tout de suite.

[Michael Jones : "Le frère que j'ai choisi", version single]


Isabelle Duplouy : Michael Jones, avant de retrouver les informations, quelles sont les chansons que vous préférez jouer sur scène, par exemple de votre dernier album, ou alors vous faites d'autres reprises aussi ?

Michael Jones : Je fais d'autres reprises sur scène, dont une chanson qui devait être sur mon album, mais pour des problèmes de contrat avec une maison de disques, on n'a pas pu la mettre sur l'album, c'était "Say it ain't so" en duo avec Murray Head.


Isabelle Duplouy : …qui est venu chez nous d'ailleurs.

Michael Jones : Oui, et donc je la fais sur scène cette chanson, parce que c'est une chanson que j'aime beaucoup. Est-ce que je fais d'autres reprises ? Oui, je fais une des chansons qu'on avait mise sur l'album "Autour du blues II"qui est…


Isabelle Duplouy : Très bel album oui…

Michael Jones : …"Tobacco Road", parce que dans "Quand la musique est bonne" il y a une référence à "Tobacco Road", et la chanson, le rythme – "ta, da" - c'est un peu la même chose, voilà.


Isabelle Duplouy : D'accord. Donc ça correspondait bien.

Michael Jones : C'est un clin d'œil, et je fais aussi… il y a une autre reprise sur l'album qui est "Petit blues pénard" de Jean-Jacques.


Isabelle Duplouy : Magnifique oui…

Michael Jones : J'adore cette chanson… Donc oui il y en a quelques unes et avec Sandrine, comme je voulais qu'elle chante d'autres chansons que "La demoiselle", elle fait une chanson originale qui s'appelle "Comme une âme en peine", qui a été aussi écrite à Astaffort, et une reprise de Ike et Tina Turner qui est "River deep, mountain high".


Isabelle Duplouy : D'accord.

Michael Jones: Voilà.


Isabelle Duplouy : Et bien écoutez Michael Jones nous allons continuer de discuter un petit peu après les infos, ça vous dit ?

Michael Jones : Oui, sans problème.


[flash info]

[Brice de Nice : "Le casse de Brice"]

Isabelle Duplouy : Michael Jones, aimez-vous "mover" votre "body" sur ce style de musique ? [rires]

Michael Jones : Non, je ne suis pas très bon à ce jeu là... J'ai un gros problème avec la danse. Je faisais de la danse celtique quand j'étais très jeune mais j'ai complètement oublié. J'ai toujours joué, sur scène, pendant que les gens dansaient et je n'ai donc jamais vraiment appris à danser. J'arrive encore à danser les slows...


Isabelle Duplouy : Oui, c'est ce que j'allais dire : ne me dites pas que les slows ne sont pas votre fort ! [rires]

Michael Jones : Non, les slows ou le zouk, à la rigueur, j'aime bien...


Isabelle Duplouy : Ah, d'accord ! Peut-on peut voir un petit peu de zouk ou pas ? C'est possible ? [rires]

Michael Jones : Il faudrait, pour ça, que j'aie une partenaire qui sache danser le zouk !


Isabelle Duplouy : Ça ne va pas être possible alors... [rires]

Michael Jones : Non mais le zouk, c'est parce qu'on m'a appris quand j'étais aux Antilles, c'est comme ça que j'ai appris... La biguine, je ne sais pas trop, non...Mais franchement, la danse, c'est pas mon fort et dans ce genre de soirées, j'ai plutôt tendance à m'asseoir, à boire un coup et à regarder les autres...Voilà...


Isabelle Duplouy : D'accord ! Et la musique classique ? Est-ce quelque chose qui vous parle ou pas du tout ?

Michael Jones : J'ai fait pas mal de musique classique lorsque j'étais à l'école parce que c'est là que j'ai appris la musique. Il faut savoir qu'il y a un immense répertoire classique de cantiques en Grande-Bretagne : on chante des compositeurs comme Haendel, Bach...Tout ce côté-là, oui... Mais sinon, je n'ai pas des connaissances bien fabuleuses. J'adore écouter de la musique classique mais de là à citer tous les compositeurs, non ! J'en connais quelques uns mais ça se cantonne à ça.


Isabelle Duplouy : Quand le déclic de devenir chanteur vous est-il venu ? On ne le sait pas vraiment, en fait, ça...

Michael Jones : Il n'y a pas eu de déclic...


Isabelle Duplouy : Vous n'avez pas eu de déclic, étant petit ? Vous avez eu une guitare à la main et hop, c'est parti ?

Michael Jones : Non... Ça fait partie de la vie de tous les jours de chanter au Pays de Galles : quand on naît, on est entouré de chansons et de gens qui chantent tout le temps. Ça fait partie de la vie : on chante ! Si ! Il y a eu un déclic quand j'ai entendu les Beatles pour la première fois : j'ai eu envie de jouer cette musique, quelque chose de similaire. On a donc commencé à faire des reprises avec des copains... Après, j'ai fini mes études tranquillement. J'avais arrêté la musique pour finir mes études parce qu'il fallait bosser un peu et quand je suis venu en vacances en France, en 1971, j'ai rencontré un groupe et j'ai passé mes vacances avec eux parce qu'avec les parents, c'était pas très drôle... Et ça a été sympa... J'ai fait toutes mes vacances avec eux et ils m'ont demandé de revenir jouer avec eux, à la fin de l'année donc je suis revenu... Je pensais prendre une année sabbatique et retourner travailler chez moi au Pays de Galles et puis en fait je n'y suis jamais retourné !


Isabelle Duplouy : Et puis voilà : et après la musique, la chanson a pris son cours et puis c'est parti ! Ensuite Jean-Jacques Goldman, puis une carrière solo, bref vous êtes un homme comblé ?

Michael Jones : Oui, mais en fait c'était tout par accident ! Je n'ai jamais pensé une seule fois dans ma vie que j'allais faire musicien professionnel.


Isabelle Duplouy : Est-ce que ce n'est pas mieux quand ça arrive par accident plutôt que "tu devrais faire ceci ou cela…"

Michael Jones : De toute façon c'est comme ça que ça doit se passer, je pense.


Isabelle Duplouy : C'est peut être ce qu'il y a de mieux, oui…

Michael Jones : Quand les gens me demandent comme devenir musicien professionnel, je leur dis : "on ne le devient pas". On ne décide pas. Musicien professionnel, ça vient à nous, ce n'est pas nous qui décidons de le faire. La plupart des gens qui décident de le faire et qui arrêtent tout pour faire de la musique, ils se plantent, en général.


Isabelle Duplouy : Et moi, si je veux arrêter la radio et faire de la musique ?

Michael Jones : Je conseillerais de faire de la radio et de la musique en même temps.


Isabelle Duplouy : D'accord, et après moi je chante ! Est-ce que vous avez fait de la radio ?

Michael Jones : Non, je n'ai pas fait de la radio, moi je faisais de la mécanique de sport ! Mais rien n'empêche de faire de la radio et de la musique !


Isabelle Duplouy : Je vais m'y mettre alors ? Quelques vocalises… Nous allons revenir juste après les Beatles avec "Come together" [Michael chante : "Right now !"]

Isabelle Duplouy : Il y a aussi la version de Michael Jackson !

Michael Jones : Oui mais je préfère celle des Beatles.


Isabelle Duplouy : En effet, celle des Beatles est beaucoup mieux. On revient avec vous à la guitare juste après ?

Michael Jones : Il y a deux versions d'ailleurs… Une version rapide et une version longue.


Isabelle Duplouy : Et plus c'est long, plus c'est bon ! [rires]

[Les Beatles : "Come together"]

Isabelle Duplouy : Ça, ça fait vibrer Michael Jones. N'est-ce pas Michael ?

Michael Jones : J'adorais cette chanson ! De toute façon, le double blanc c'est un de mes albums préférés, un des albums que je préfère des Beatles.


Isabelle Duplouy : Excellent album, en effet.

Michael Jones : Vous savez pourquoi il était double ?


Isabelle Duplouy : Je l'ai su mais j'ai oublié.

Michael Jones : Et pourquoi il était blanc ?


Isabelle Duplouy : Rafraîchissez-nous la mémoire.

Michael Jones : Alors les deux questions c'est : blanc parce qu'ils avaient proposé une photo de pochette où ils brisaient des poupées, déguisées en médecins, et ça a été refusé par la maison de disques parce que ça a été considéré à l'époque comme indécent.


Isabelle Duplouy : Oui, c'était assez indécent en fait.

Michael Jones : Et donc ils ont dit, et bien puisque ce n'est pas celle- là, et bien il n'y n'aura pas de photo. Et c'est pour ça qu'il est blanc. Et c'est un double album, parce qu'ils devaient encore deux albums à EMI, à Parlophone à l'époque, et c'était pour pouvoir monter la maison de disque Apple.


Isabelle Duplouy : D'accord, et c'est important pour vous l'image que donne la pochette d'un album ? Par exemple, là on peut vous retrouver avec votre guitare sur la pochette, bien cool, bien tranquille ?

Michael Jones : Oui, mais ce n'est pas la photo que je voulais sur mon album. Moi, je voulais la main d'une couturière qui passait du tissu dans une machine à coudre.


Isabelle Duplouy : Quelle idée étrange?

Michael Jones : J'étais venu à Lille faire les photos d'ailleurs, parce que c'est ici, c'est du côté de Roubaix qu'il y a toutes les dentellières. Je suis monté à Roubaix pour faire les photos avec Pingouin, Pingouin qui est un photographe professionnel, qui est l'ancien manager de Carole.


Isabelle Duplouy : Alain Régis ?

Michael Jones : Alain Régis exactement. Et Pingouin m'a donc fait ce projet, on est allés dans des sites très bien pour faire ces photos, et ça a été refusé par la maison de disques, parce qu'ils voulaient ma tronche sur les photos, sur la pochette. Mais moi, encore aujourd'hui, je mets les deux pochettes côte à côte, celle que je voulais moi et la nouvelle (qui est très belle hein, c'est une des plus belles que j'ai eues). Et bien quand on met ça dans un étalage à la FNAC, ou peut importe où - pardon, je fais de la pub - celle que je voulais moi se voit de loin.


Isabelle Duplouy : Pour qu'on reconnaisse.

Michael Jones : Alors que la mienne, je la trouve un peu discrète. Pour moi, aujourd'hui, la pochette d'un album doit se voir tout de suite.


Isabelle Duplouy : Ça doit tilter, oui.

Michael Jones : Voilà. Et la mienne, à ce niveau-là, je trouve qu'elle fait très classe, c'est un bel objet, mais elle ne ressort pas.


Isabelle Duplouy : D'accord. Et qu'est-ce que vous pensez des pochettes un peu agressives ? Par exemple, ça peut peut-être vous plaire, mais, des femmes nues, ou des choses comme ça, pour que ça fasse justement plus vendeur ? Est-ce que vous trouvez ça agressif, est-ce qu'on profite trop de ces choses-là et que ça devient de plus en plus indécent, on peut dire ça ?

Michael Jones : Moi, les femmes nues, je les préfère en vrai plutôt que sur une pochette. Sur une pochette, ça ne me dit rien.


Isabelle Duplouy : Oui, on ne peut pas toucher.

Michael Jones : Voilà. Non non, mais en général tous ces disques-là sont des compils, et je suis assez contre les compils. C'est là où je dis qu'on devrait permettre aux gens de télécharger par exemple, pour leur permettre de faire leurs compils eux-mêmes. Mais les compils qu'on propose, c'est souvent nul. Ça marche bien pourtant. Je trouve que c'est une espèce de marchandage de bas étage, histoire de remplir les fonds de tiroir. Ça, ça ne me plaît pas.


Isabelle Duplouy : Surtout que maintenant on y rajoute des titres inédits, histoire d'inciter à la vente, on peut dire ça, mais on ne va pas rentrer dans une polémique.

Michael Jones : Non, mais qu'un artiste fasse un best of, ou une compil de ses propres titres, ou qu'il remette sur un album tous ses singles - par exemple pour les Beatles c'était obligatoire parce que la plupart de leurs singles n'ont jamais été sur un album – ça, je comprends.


Isabelle Duplouy : Là d'accord.

Michael Jones : Quand on fait un album avec des titres qui n'ont jamais été sur un album, à la rigueur, ça se comprend.


Isabelle Duplouy : Ça peut permettre de mieux réunir les chansons qu'on préfère.

Michael Jones : Voilà. Donc ça je comprends, mais aujourd'hui, les maisons de disques nous demandent au bout de six mois de pouvoir mettre le single sur une compil, histoire de le refaire vendre encore. Mais ça tue l'album, donc ça ne sert à rien. Moi je trouve que ça va à l'encontre de l'artiste. Ça va à l'encontre de l'artistique.


Isabelle Duplouy : En tous les cas nous rappelons que votre dernier album en date s'appelle "Prises et reprises", le nouveau et second single "Marcher dans Memphis".

Michael Jones : Oui.


Isabelle Duplouy : Ecrit par Francis Cabrel.

Michael Jones : Texte écrit par Francis Cabrel, oui.


Isabelle Duplouy : Et nous allons écouter quelques morceaux que vous aimez. Vous jouez ce que vous voulez. On vous laisse libre, on vous lâche.

Michael Jones : Alors, des petits bouts de moi, comme dirait Jean-Jacques. La première chanson, c'est une chanson qui est la première chanson de l'album, qui est un hommage à Carole.


["Un dernier blues pour toi", joué en direct, guitare / voix]

Michael Jones : Voilà, la chanson que je chante en duo avec Francis Cabrel fait comme ça…


[Michael chante un extrait de "Des nuits trop longues"]


Michael Jones : … et la seule chanson que je fais en anglais…. Il faut que je réaccorde la guitare… C'est un accordage qui s'appelle le "DADGAD" (NDR : ré/la/ré/sol/la/ré) qui est un accordage celte…


[Michael chante un extrait de "Window"]


Isabelle Duplouy : Micro maestro. Merci beaucoup Michael Jones. Vous revenez dans quelques instants, on va se dire au revoir…

[Interruption publicitaire]

Isabelle Duplouy : Michael Jones, ça vous a plu cette improvisation ?

Michael Jones : J'adore ça. Je trouve que vous vous en êtes super bien sortie… Le côté professionnel… Super bien.


Isabelle Duplouy : Le feeling est bien passé… Vous ne trouvez pas, c'est bien passé entre nous ?

Michael Jones : C'était très très agréable, c'était mieux que d'attendre à la gare qu'on vienne me chercher pour le concert ce soir. C'était vachement bien.


Isabelle Duplouy : On va avouer qu'on n'avait aucune question de prête, c'était vraiment improvisé, c'était très sympathique, un peu comme le style autour du feu, avec la guitare.

Michael Jones : J'adore ça.


Isabelle Duplouy : Nous rappelons que vous êtes en concert ce soir à Courrières, je vais peut-être rediriger les gens qui désirent vous voir en live vers votre site Internet : www.michael-jones.net et là vous avez toutes les informations. Juste une petite erreur que vous pouvez peut-être rectifier en direct sur l'antenne, par rapport à la rencontre de vos parents…

Michael Jones : Oui, c'est marqué sur le site que mon père s'était blessé et qu'il a été accueilli par la famille de ma mère. Ça s'est faux, il a rencontré ma mère tout bêtement parce qu'il a rencontré une fille comme les gens se rencontrent partout. Il était loin de chez lui, il cherchait de réconfort, il a rencontré ma mère et c'était la bonne, voilà.


Isabelle Duplouy : C'est ce qui s'appelle remettre les choses à leur place et c'est bien normal, c'est mieux quand les choses sont vraies que quand elles sont fausses.

Michael Jones : Je serai également à Dunkerque jeudi soir, dans un magasin de disques connu…


Isabelle Duplouy : Merci de nous le préciser. On peut le citer, c'est le Virgin Mégastore.

Michael Jones : C'est pour l'anniversaire du Virgin Megastore.


Isabelle Duplouy : Je serai peut-être de passage… Je vais réfléchir… Si vous êtes sage.

Michael Jones : Je serai tout seul par contre…


Isabelle Duplouy : Je vais vous inviter à danser, le slow qui tue.

Michael Jones : Ah oui ?


Isabelle Duplouy : Michael Jones, ça vous dit, pour se dire au revoir...

[la chanson commence]

Michael Jones : Georges Michael, c'est ça ?


Isabelle Duplouy : Oui, "One more time", un essai de plus, peut-être une prochaine fois alors…

Michael Jones : Je ne suis pas sur qu'il voulait danser avec une femme, lui, mais c'est un autre débat…


Isabelle Duplouy : Oui, mais vous ? Merci pour ce bon moment, ça m'a beaucoup touchée. Au revoir.

Michael Jones : Au revoir.


[George Michael : "One more time"]