| [Après une série d’exercices, le professeur Michel Ghuzel procède à l’interview de son invité dans chaque cassette, ici, Michael Jones] Michel Ghuzel : J’ai le plaisir de vous présenter notre invité, Michael Jones, du célèbre trio “Fredericks-Goldman-Jones”. Merci d’être venu nous parler de ta guitare et de ton métier. Dis-moi : “Qu’est-ce qui t’a amené à apprendre la guitare ?” Michael Jones : Au début, je voulais jouer de la batterie. Mais je me suis vite rendu compte que la guitare plaisait beaucoup plus aux filles. [Sourire complice entre Michael Jones et Michel Ghuzel] Michel Ghuzel : C’est une bonne raison [rires]. Quelles ont été tes influences au cours de ton apprentissage ? Michael Jones : Cela a commencé avec des groupes tels que les Shadows, puis il y a eu Marvin, Joe Brown, les Beatles ainsi que tous les groupes londoniens à leur suite : les Who, les Stones ; en ce qui concerne les guitaristes : Jeff Beck, Eric Clapton, après j’ai découvert les Américains, les joueurs de rock’n’roll : Chuck Berry, connu grâce aux Stones d’ailleurs ; et bien sûr, tous les musiciens de Blues. Michel Ghuzel : Tu ne joues pas qu’avec le trio “Fredericks-Goldman- Jones” en musique, tu fais plein d’autres choses. Est-ce que tu pourrais nous en parler ? Michael Jones : Oui. Je participe aux projets de Jean-Jacques Goldman, lorsqu’il travaille avec d’autres artistes, ce qui m’a donné l’occasion de rencontrer des gens comme Johnny Hallyday, Michel Fugain dernièrement juste pour faire des séances. J’ai également fondé un groupe avec qui je sors un nouvel album au début de l’année prochaine [A consommer sans modération]. On tourne dans les petites salles pour le fun. Michel Ghuzel : D’accord. Quel conseil pourrais-tu donner aux débutants ? Michael Jones : Le problème avec la guitare, c’est qu’il s’agit d’un instrument où les gens se découragent très rapidement. Il n’y a rien de plus décourageant qu’un instrument avec lequel on a du mal à jouer. La première chose, c’est d’avoir un instrument avec un son assez propre. Cela m’arrive de faire les courses dans les grandes surfaces et je vois des guitares en vente qui sont “injouables”. Il ne faut pas acheter cela à un “môme” qui veut apprendre la guitare. Allez chez un vrai vendeur de guitares et achetez-en une avec des cordes qui ne soient pas trop éloignées du manche afin de jouer plus facilement, c’est ça le plus dur au début. Puis, c’est le travail ensuite. La guitare, c’est un instrument qui, lorsque l’on commence, donne ceci [Michael joue faux volontairement l’accord de Do majeur] et avant que cela donne cela [ici, l’accord rend un son clair et propre], il faut travailler un peu. Si je peux conseiller quelque chose, c’est ceci : un exercice simple nommé “le crabe”. Il suffit de placer chacun des doigts de la main gauche sur une case [la chanterelle], étape suivante, il faut faire sonner la corde en enlevant un à un les doigts, puis de renouveler cet exercice sur chacune des cordes [jusqu’au bourdon]. Il faut absolument que ce soit doigt par doigt. Cet exercice a pour but de développer l’agilité des doigts sur les cordes. Au début, de la même façon, cela ne sonnera pas bien, mais il faut persévérer. Michel Ghuzel : Avant que l’on joue ensemble, pourrais-tu nous révéler un anecdote ? Michael Jones : J’ai une anecdote “guitaristique”. Je faisais une séance avec Jean-Jacques Goldman sur une chanson qui s’appelait “Peur de rien blues”. Je joue, la plupart du temps, en studio, le jeu est spontané, donc je sors un plan comme cela [démonstration]. Lorsque l’on a joué cette chanson-là, j’ai été incapable de retrouver ce que j’avais fait précédemment. Il m’a fallu réécouter l’enregistrement comme si je copiais un autre musicien. Je ne me souvenais pas de ce plan. Avant j’étais un “mec” qui chantait avec Goldman et après je suis devenu un guitariste [rires]. Michel Ghuzel : Merci, jouons ensemble. |