Les paroles de "Oublié"
Pardonnez-moi
Je n'ai pas le coeur, pas les gestes
Et le peu de mots qu'il me reste
C'est encore trop d'effort
Tous vos pourquoi
Sont comme un couteau dans la plaie
Car le souvenir désormais
Me fait plus mal encore
Oublié, les temps de folie
La peur, la haine
Est enfouie au fond de moi
Je n'en parlerai pas
Oublié, tout est bien fini
C'est pas la peine
De me faire revivre tout ça
Je n'en parlerai pas
Oh croyez-moi
Celui qui sait tout ne sait rien
Quand je dis loup vous pensez chien
C'est ainsi rien à faire
Chacun pour soi
C'est ici la nuit, là le jour
Le malheur de l'autre est toujours
Une langue étrangère
Oublié, les temps de folie
La peur, la haine
Est enfouie au fond de moi
Je n'en parlerai pas
Oublié, tout est bien fini
C'est pas la peine
De me faire revivre tout ça
Je n'en parlerai pas
A quoi bon provoquer les sanglots
Si les années qu'il faut pour sortir de l'eau
S'effacent dès le premier mot
C'est mon histoire
C'est mon histoire
Ce qu'ils ont dit...
Le soir où j'ai écrit "Oublié", je regardais sur Planète un documentaire sur la guerre du Vietnam. Un journaliste recevait un ancien GI parti gâcher sa jeunesse dans cette guerre absurde ; au lieu de l'interviewer, il ne fit que l'enfoncer dans ses souvenirs.
Michael Jones
"Un Gallois presque gaulois"
Télé 7 Jours, août 1997
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Michael Jones : Gildas Arzel m'a envoyé la maquette de cette chanson où il chantait en yaourt. Je savais que c'était une belle chanson, mais je n'arrivais pas à trouver les arrangements. Je ne savais pas quoi faire. Un jour, j'ai eu une idée après avoir vu un reportage sur "Planète", sur la guerre du Viet-Nam. Un journaliste était en train d'interroger un ancien G.I. Ce G.I., en pensant à ce qu'il avait vécu, s'est effrondré en larmes. Ce journaliste à continuer à enfoncer le couteau. Je trouve qu'on n'a pas le droit de faire cela ! Il aurait dû laisser tomber... Mon père, aussi, a fait la seconde guerre mondiale, mais il ne nous en a jamais parlé. Le père de Jean-Jacques également. Le grand-père de ma femme nous en a parlé pour la première fois voici quinze jours. On savait qu'il était prisonnier dans les camps allemands, mais c'était tout.
Jean-Michel Fontaine : La première fois que j'ai entendu cette chanson, j'ai pensé qu'elle avait été écrite pour ton père.
Michael Jones : Non. Mon père a vécu la guerre, c'est vrai, mais il n'a jamais subi d'atrocités.
Jean-Michel Fontaine : Pour revenir à la chanson, ce reportage t'a fait penser à la maquette de Gildas...
Michael Jones : Oui. Et j'ai écrit le refrain. J'ai fait une ébauche autour du sujet. J'ai expliqué à Fred ce que je voulais, et il a écrit le reste de la chanson. Et il a fait des phrases à tomber par terre : "le malheur des autres est une langue étrangère", il n'y a que lui pour trouver des phrases comme ça ! Une fois que le texte était prêt, cela a donné le rythme à la chanson, et c'est ainsi que j'ai eu l'idée d'en faire un maloya. Le maloya, c'est la musique de la Réunion. C'est un rythme ternaire. Au départ, c'était la musique des esclaves.
Entretien exclusif pour "Michael Jones on the web", juillet 2000 |
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