"Il croyait"


Il se lève au matin et planté dans la glace
Il se dit : "Y' a quelqu'un, qui m'a piqué ma place

Qui es-tu l'étranger, le squatter de miroir
Qui vit l'autre côté, qui vit de mon histoire ?

Quelquefois tu ressembles à celui que j'attends
A moi-même, il me semble, il y a bien longtemps"

Il s'arrête un instant et c'est déjà midi
Et c'est déjà le temps de compter ses amis

Tellement d'eau qui passe sous le pont des amours
On boit chacun la tasse, on boit chacun son tour

Les envies qui s'effacent, les appels au secours...
Et plus on a d'espace, plus le silence est lourd

Dans la vie il croyait
Mais que croyait-il ?
Peut-on le savoir jamais
Quand tout est facile ?

Et pour tout abandonner
Sans tomber de haut
Chaque jour hésité
Est comme un jour de trop

Il se couche et voilà, dans le jour qui s'achève
Il donnerait tout c'qu'il a, pour une moitié de rêve

Ni la gloire, ni l'argent, ni la rampe et ses feux
N'ont fait suffisamment, pour lui fermer les yeux

Oh ! Dans ces moments-là, quand le coeur est trop lourd
Il donnerait tout c'qu'il a, pour un chagrin d'amour

Dans la vie il croyait
Mais que croyait-il ?
Peut-on le savoir jamais
Quand tout est facile ?

Et pour tout abandonner
Sans tomber de haut
Chaque jour hésité
Est comme un jour de trop


Ce qu'ils ont dit...

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Michael Jones : C'est une histoire que j'avais envie de raconter. Dire qu'il est possible de tout changer et de repartir à zéro, même si personne n'y croit. Elle constitue une caricature des gens qui pensent que tout est écrit d'avance et que nous ne pouvons rien changer. Je ne suis pas d'accord avec cette pensée. J'ai voulu le dire à ma façon. La vie est faite de carrefours et il faut savoir choisir le bon chemin. Trop de gens n'osent pas s'aventurer dans ces croisements de peur de choisir la mauvaise direction ou pire, de ne rien choisir. J'ai essayé en composant une chanson cajun d'éviter les pièges comparatifs avec le titre de Zachari Richard, "Travailler, c'est trop dur".

Du blues pour nous
Tout chanson, janvier 2005


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Jean-Pierre Pasqualini :
Revenons aux autres chansons de votre album. "Il croyait", que vous avez composée, a été critiquée dans la presse...

Michaël Jones : Dans "Voici", oui.

Jean-Pierre Pasqualini : Ne trouvez-vous pas que c’est un plagiat de "Travailler c’est trop dur" de Zachary Richard ?

Michaël Jones : Je me suis posé longtemps la question, mais je me suis dit aussi qu’il y avait 50 chansons cajuns folkloriques qui se ressemblaient déjà entre elles... Si on ne considère que la musique, cette chanson est peut-être un plagiat, mais une chanson ce n’est pas seulement une musique : c’est aussi un texte. Et là, les paroles n’ont rien à voir. D’ailleurs, l’idée du texte est de moi et j’ai écrit les paroles du refrain. Fred Kocourek a lui écrit les paroles des couplets, mais il a signé le texte seul. C’est une convention qu’on a tous les deux.

Goldman, le frère que j'ai choisi
Platine n° 119, mars 2005


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Françoise Rauzier :
Pour "Il croyait", tu n'es donc pas d'accord si on te dit que tout est écrit d'avance et que l'on ne peut rien
changer au cours des choses. Enfin moi, c'est ce que j'ai ressenti…

Michael Jones : En fait ce que je voulais exprimer dans la chanson "Il croyait", c’est que la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas, c’est le fait de saisir les chances quand elles viennent. J’ai connu tellement de gens qui sont dans la merde, à qui on avait pourtant proposé les mêmes choses qu’aux autres, mais ils n’ont pas su saisir leur chance. Je connais des tas de gens qui n’ont pas su saisir leur chance.

Françoise Rauzier : Ils ont peut-être eu peur de choisir aussi…..

Michael Jones : Non, ils ont peur du changement, ils ont peur de prendre des risques. Et si on ne prend pas de risques dans la vie, on ne réussit rien. C'est-à-dire qu’on a le choix dans la vie de prendre des risques, soit pour réussir et pour bien vivre, ou on peut devenir fonctionnaire. C’est le choix.

Françoise Rauzier : Donc tu ne t’identifies pas du tout au texte ?

Michael Jones : Non, je ne m’identifie pas du tout. C’est vraiment l’histoire de celui qui choisit de prendre un autre chemin pour avancer. Et c’était l’idée de faire la comparaison entre ceux qui le font et ceux qui ne le font pas. Parce que je me suis rendu compte que tous ceux qui ne réussissent pas, en général , c’est "la faute des autres".

Françoise Rauzier : Pour eux, c’est toujours la faute des autres.

Fleur Delorme : Pour eux oui, mais pas pour tout le monde…

Michael Jones : Voilà ! C’est eux qui n’ont pas voulu. Et j’en ai connu plein ! A l’époque de Gulf Stream, quand je chantais "Song for Daniel", il y avait un bassiste qui était avec nous et qui était fabuleux. Quand on a monté le groupe de Jean-Jacques avec Lance Dixon et Jean-François Gautier, on lui a proposé de venir avec nous. Il s’appelait Jean-Pierre Pichon. Il a dit : "Goldman, c’est pas connu, je prends un risque. Je suis au Crazy Horse, j’ai un boulot sûr". Maintenant le Crazy Horse n’utilise que des bandes. C’est de ça que je voulais parler.

Rencontre avec Michael Jones
Exclusivité "Michael Jones on the web", 19 mai 2005



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