Les paroles de "Le blues du piano-bar"

Y'a d'la lumière dehors sur les trottoirs
Mais c'est ici qu'on trouve le brouillard
Dans cette odeur d'alcool, j'accorde ma guitare
Si j'avais su j'aurais pas signé ce soir

Encore une bière
Avant que tombe la nuit noire
J'en grille une dernière, et on démarre
Got no time to lose, le blues du piano bar

Y'a des soirs où les gens sont pas nombreux
On resterait bien au bar avec eux
Mais ces gens là sont des vrais, la musique ils en veulent
Il faut y aller il faut mettre le feu

Encore une bière
Avant que tombe la nuit noire
J'en grille une dernière, et on démarre
Got no time to lose, le blues du piano bar

J'vais pas chercher à tout prix à rentrer dans l'histoire
Ou voir mon nom collé partout sur les boulevards
J'ai quelques notes qui traînent, pas mal de désespoir
Et même du temps à perdre partout où y'a des bars

Encore une bière
Avant que tombe la nuit noire
J'en grille une dernière, et on démarre
Got no time to lose, le blues du piano bar


Ce qu'ils ont dit...


Platine : Dans le blues du piano-bar, tu dis : "Je vais pas chercher à tout prix à rentrer dans l'Histoire...". C'est un peu ce que tu ressens du fait d'être depuis vingt ans dans l'ombre de Goldman ?

Michael Jones : Non, c'est juste l'histoire d'un musicien de piano-bar qui joue pour son plaisir, sans ambition d'être en tête des affiches. Mais c'est vrai que je me reconnais aussi là-dedans.


Goldman marche seul... les confidences de Fredericks, Jones et Arzel
Platine Magazine, décembre 1997
Propos recueilis par Ludovic Perrin et Gilles Cianfarani


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C'est un texte que j'avais écrit pour moi. Quand Michael m'a sollicité pour écrire des chansons, je lui ai amené la maquette, et il a trouvé cela super. Le texte était beaucoup plus long. On a fait des coupes sombres, pour le rendre plus sobre. Il est allé à l'essentiel sur ce texte-là. "Le blues du piano bar", c'est un peu l'histoire des musiciens qui jouent en seconde division. Ils ne sont pas forcément sur des grandes scènes, mais ils existent quand même à travers des circuits parallèles comme les piano-bars, les cafés-concerts. Il y a un public qui vient, mais pas forcément pour eux. C'est un petit peu ce blues-là que l'on ressent : pas forcément l'envie d'y aller, mais en même temps, l'envie de jouer. Ça part de ce constat-là.

Michel Deshays
Entretien exclusif pour "Michael Jones on the web", juillet 2000